Marin, policier, contrôleur de la sécurité sociale... De nombreuses professions demeurent interdites aux diabétiques. Raison pour laquelle les quelque 4 millions de diabétiques en France lancent ce lundi une pétition réclamant la fin des "discriminations" professionnelles dont ils font l'objet. Pour Gérard Raymond, président de la Fédération française des diabétiques (FFD), il est urgent de modifier les textes réglementaires qui interdisent ou limitent certains métiers aux diabétiques.
TEMOIGNAGE >> Herrick, diabétique: "Pas facile de renoncer à son insouciance à 13 ans"
"Aujourd'hui, si comme Alizée, Pacôme ou Maximilien, vous avez un diabète, vous ne pouvez pas être ingénieur des mines, marin, policier, hôtesse de l'air, contrôleur de la SNCF, contrôleur de la sécurité sociale...", souligne la pétition intitulée "Choisir le métier de mes rêves avec mon diabète".
Trouble d'assimilation des sucres par l'organisme, le diabète peut aboutir à la cécité ou à des amputations s'il n'est pas correctement traité. Il favorise également les maladies cardiovasculaires. Existant sous deux formes, c'est le diabète le plus rare (de type 1) touchant les enfants et les jeunes adultes, qui est le plus touché par les interdictions.
Diabétique, et recalée à Polytechnique
Les diabétiques "ont longtemps été considérés comme inaptes parce qu'on pensait qu'ils allaient avoir des complications", affirme Gérard Raymond, qui rappelle que la plupart des interdictions en vigueur remontent à des périodes souvent lointaines. Ainsi pour être ingénieur des mines, car "il y a 60 ou 70 ans, on considérait qu'il devait descendre dans la mine et qu'il lui fallait une bonne vue".
LIRE AUSSI >> Contre le diabète et le cancer, la France se veut pionnière en médecine génomique
Dans leur communiqué, la Fédération et l'Aide aux Jeunes diabétiques (AJD), l'autre association à l'origine de la pétition, rapportent le cas de Mathilde, 21 ans, recalée à cause de son diabète à la visite médicale de l'Ecole polytechnique alors qu'elle avait été reçue au concours. Une championne de karaté diabétique, elle, a été déclarée inapte pour entrer dans la police, après avoir passé le concours d'entrée.
Plus d'interdictions, mais des études "au cas par cas"
Pourtant, aujourd'hui, "l'évolution technologique et les nouveaux outils mis à la disposition des diabétiques - comme les pompes à insuline ou les capteurs de glucose en continu - leur permettent de s'autocontrôler et d'avoir une vie quasiment normale", souligne le président de la FFD. La pétition réclame ainsi que les professions interdites soient réévaluées une fois par an par un groupe interministériel en tenant compte des "évolutions technologiques et médicamenteuses".
LIRE AUSSI >> Le diabète a l'origine de 8000 amputations chaque années
Selon Gérard Raymond, il ne doit plus y avoir "de profession interdite" mais des évaluations au "cas par cas" même s'il reconnaît que certains métiers resteront difficiles d'accès pour les diabétiques. Les deux associations entendent par ailleurs interpeller les candidats à l'élection présidentielle dans les prochaines semaines.
