Le grand âge est une richesse si l'on a toute sa tête, la mémoire encore fiable et la personnalité intacte, ainsi que des relations préservées avec les proches. Ce sont des éléments essentiels pour échapper à la déshumanisation que provoquent les maladies démentielles.
Ce qu'il y a de positif dans la vieillesse, c'est de pouvoir utiliser ce que l'on a appris avec l'âge alors que la force physique diminue; c'est de ne pas se priver de l'expérience des connaissances. Il ne faut pas rester figé dans le passé, mais essayer de s'adapter au changement autant que faire se peut. C'est la meilleure façon de rééquilibrer le problème de l'âge: même si on court moins vite et que l'on est moins costaud, le cerveau, lui, continue de fonctionner si on le stimule.
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Voilà pourquoi je me consacre encore à mes activités scientifiques, sur la maladie d'Alzheimer, notamment, et que je travaille tous les jours. Je prends aussi de la DHEA depuis vingt ans, même si j'ai toujours été en bonne santé. Cette hormone naturelle qui prévient le vieillissement est en effet plus indiquée en cas de problème, et elle agit particulièrement bien au niveau du foie et du cerveau. Des centaines de milliers de personnes la prennent avec des résultats variables, mais elle est toujours bien tolérée, il n'y a pas de contre-indications.
"La forme physique seule ne sert à rien"
Je suis assez optimiste pour l'avenir du grand âge en France: les centenaires y sont plusieurs milliers aujourd'hui, contre quelques dizaines il y a dix ans. C'est la preuve que la santé physique évolue dans le bon sens, que le corps résiste de mieux en mieux au vieillissement. Sans doute est-ce dû en grande partie à la qualité de notre alimentation, qui me semble bien répartie dans la population, y compris chez les gens qui n'ont pas beaucoup de moyens.
Il n'y a pas de raisons que le vieillissement du cerveau ne suive pas cette voie-là. D'autant que la recherche sur Alzheimer évolue de façon très positive. Je ne doute pas que dans la décennie à venir, on parviendra à des résultats probants dans ce domaine. Faire bien fonctionner le cerveau aussi longtemps que possible doit être une priorité, car la forme physique seule ne sert à rien.
Dernier livre paru: Libre chercheur, avec Caroline Fourest (Flammarion, 2013).