La France s'apprête à entamer la phase 2 du déconfinement. Ses modalités, présentées jeudi par le Premier ministre Edouard Philippe, dépendront des prochains chiffres de propagation de l'épidémie de coronavirus. L'Île-de-France, les Hauts-de-France, le Grand Est, la Bourgogne Franche-Comté et Mayotte, régions classées en rouge, attendent notamment de savoir s'ls pourront passer en vert. L'Express fait le point.
Zones rouges ou vertes
La couleur rouge correspond aux régions dont la situation sanitaire est toujours jugée critique par les autorités. Dans ces zones, le déconfinement doit s'effectuer de manière plus progressive qu'ailleurs. Edouard Philippe avait détaillé les critères de classification début mai, au moment de la présentation de la première carte.
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Première condition : la disponibilité des tests. Remplie, selon le directeur de la Santé Jérôme Salomon, qui a précisé qu'il existait "3000 centres de prélèvement en France, disponibles sur l'ensemble du territoire". Surtout, et c'est pour cela qu'il faudra particulièrement suivre les prochains chiffres, avoir un taux d'admission aux urgences inférieur à 6%, et moins de 60% de patients atteints du coronavirus en réanimation.
Ces conditions sont remplies pour l'ensemble des régions encore classées en rouge. En Île-de-France, le nombre de patients en réanimation est passé sous la barre des 60% la semaine passée et les urgences franciliennes comptaient depuis dimanche moins de 2% d'admissions pour des suspicions d'infections au Covid-19. Les Hauts-de-France et la Bourgogne France-Comté ont connu en une semaine des baisses du nombre de patients en réanimation respectivement de 114 et 134 personnes.
La surveillance d'une deuxième vague
La crainte d'une deuxième vague est toujours présente, dans le cadre d'une maladie au temps d'incubation d'environ deux semaines. Pour l'instant, le nombre d'admis en réanimation continue de baisser, selon le bilan communiqué mardi par la Direction générale de la santé. Entre lundi et mardi, l'épidémie a fait 83 nouveaux décès en 24 heures dans les hôpitaux, et 1555 malades gravement touchés par le coronavirus étaient soignés en réanimation, soit 54 de moins que lundi.
"Ce qu'on peut dire, c'est qu'aujourd'hui, on n'a pas de signal d'alerte, mais qu'il est trop tôt pour tirer ce constat que tout va aller bien, a expliqué Daniel Lévy-Bruhl, responsable de l'unité des infections respiratoires de Santé Publique France. Il y a un décalage entre ce qu'on mesure aujourd'hui et ce à quoi ça correspond : ce qu'on mesure aujourd'hui, c'est encore les bénéfices du confinement."
Jeudi, Edouard Philippe, à partir de l'évolution des derniers chiffres, annoncera à l'issue du conseil de défense les modalités de cette phase 2 du déconfinement, notamment l'organisation des vacances d'été, le maintien ou non des restrictions de déplacement au-delà de 100 kilomètres autour de son domicile et la réouverture des restaurants et cafés.
