Vincent Lindon fait des émules. Des députés de gauche, dont le communiste Sébastien Jumel ou l'insoumis François Ruffin, ont plaidé mardi pour une "taxe Jean Valjean", une contribution "exceptionnelle" des plus hauts patrimoines face à la crise du coronavirus, reprenant une idée lancée par l'acteur.

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Portée par Sébastien Jumel (PCF), cette proposition de résolution, à valeur symbolique, est cosignée par des communistes, des insoumis et quelques élus socialistes et apparentés ou Libertés et Territoires. Pour les personnes possédant "10 millions d'euros de patrimoine" et plus, il s'agirait d'une "taxe progressive" de 1 à 5% qui "permettrait de ramener 34 milliards profondément utiles dès la première année", a présenté le député communiste, élu de Seine-Maritime, lors d'un point de presse Place du Palais Bourbon.

"Pour financer les services publics"

Cette contribution exceptionnelle, "pour financer les services publics", viendrait en complément de la demande de rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune réclamée par la gauche et l'extrême droite. "La question de l'ISF, de la taxation du capital, elle n'est plus tenable pour les 'marcheurs'. Mais comme ça ne tombera pas du ciel, il va falloir les bousculer", avec un "rapport de force", estime Sébastien Jumel.

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Le député communiste a voulu donner une traduction parlementaire à une idée défendue avec "humanité, sincérité et sensibilité" par l'acteur Vincent Lindon, le 6 mai à Mediapart, a-t-il expliqué. "Il est évident que dans le pays, il y a un sentiment de profonde injustice fiscale. C'est latent et c'est cause de ressentiment pour un certain nombre de personnes", a ajouté François Ruffin (LFI).

Bruno Le Maire contre un retour de l'ISF

"Pendant la crise des gilets jaunes, l'un des slogans, c'était que 'les petits payent petit et que les gros payent gros'. Ça avait le mérite de la simplicité et de la clarté. Il faut quand même se souvenir que la Révolution française est née d'une réforme fiscale", a-t-il poursuivi.

"Ça me plaît bien de signer une proposition qui s'appelle Jean Valjean" et que "deux siècles plus tard on puisse faire du Victor Hugo", car "certains vivent la vie de ce qu'il racontait", a estimé Caroline Fiat (LFI), dans une allusion à l'auteur des Misérables, et à son personnage central Jean Valjean.

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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait estimé mi-mai que le rétablissement de l'ISF, supprimé en 2018 par le gouvernement, serait de la "pure démagogie" : "On l'a fait pendant des années, ça n'a pas marché, ça n'a pas enrichi la France, pas amélioré la prospérité".