Le gouvernement protège les siens. Manuel Valls a exprimé mercredi "l'indignation" et "la colère" de l'exécutif après les attaques dont Christiane Taubira a été victime. Sur Facebook, plusieurs internautes originaires de Juvisy-sur-Orge (Essone) s'en sont en effet pris à la ministre de la Justice, raconte Le Parisien. La première adjointe UMP au maire de la ville est alors intervenue: "C'est pitoyable d'avoir une telle ministre. Elle vient de Cayenne où il y avait un bagne. Qu'elle reparte là-bas, vu qu'elle a toujours detesté la France."

Des propos largement diffusé mercredi matin dans la presse et auxquels RTL a fait réagir la ministre de la Justice: "C'est lamentable. Ca n'a pas d'importance. L'important n'est pas ma personne. C'est surtout fréquent."

La parole est à la défense

Les deux chefs de l'exécutif ont eux, été plus offensifs. Le Premier ministre a déclaré à la sortie du Conseil des ministres: "Je veux dire, et nous l'avons partagée en Conseil des ministres, une nouvelle fois notre indignation, notre colère face aux propos racistes, antisémites, homophobes, sexistes qu'on voit se répandre avec une très grande facilité; notre indignation et notre colère à l'égard des propos vis-à-vis de Christiane Taubira". La semaine dernière, Manuel Valls s'était déjà exprimé en faveur de la ministre contre le député UMP Gérald Darmanin qui avait traité la ministre de "tract ambulant pour le Front national".

Pour Valls, "il faut qu'il y ait bien plus que de l'indignation. Il faut que chacun prenne conscience que des digues se sont brisées au cours de ces dernières années, peut-être encore davantage ces derniers mois. On ne peut pas s'en prendre ainsi à une ministre de la République, ou tout simplement à une personne, au nom de son origine. Ce n'est ni la France, ni la République, ni nos valeurs".

Appel à Nicolas Sarkozy

De son côté, le premier secrétaire du PS a demandé "des sanctions" à l'égard d'Isabelle Guinot, l'élue de Juvisy-sur-Orge, "qui agresse une nouvelle fois" Christiane Taubira "parce qu'elle est noire". "Il n'est pas possible qu'un parti républicain l'accepte donc j'attends ce que va dire Nicolas Sarkozy sur ce sujet", a-t-il ajouté. Le chef de l'État a estimé, lui, ses propos "inqualifiables", selon le porte-parole du gouvernement.

En novembre 2013 déjà, le gouvernement avait vivement réagi après la parution d'un numéro du journal d'extrême droite Minute qui sous-titrait une photo de Taubira "Maligne comme un singe".