Très largement occupé par la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron a attendu le dernier moment pour officialiser sa candidature à l'élection présidentielle, au travers d'une sobre lettre publiée, vendredi 4 mars, dans la presse quotidienne régionale. Cette entrée tardive dans une campagne fortement bousculée par le contexte international n'a pas semblé affaiblir le chef de l'Etat. Plus encore, il en tire avantage puisqu'il bénéficie d'un "effet drapeau". Au premier tour, le président-candidat atteint 33,5% des intentions de vote, en progression de 8,5 points par rapport à la semaine dernière, selon le dernier sondage Elabe pour L'Express et BFM TV, en partenariat avec SFR*.

Il conserve une confortable avance sur ses poursuivants qui tous, ou presque, reculent. Marine Le Pen (RN) garde sa deuxième place avec 15% (-2). Eric Zemmour (Reconquête), qui a abattu dimanche dernier la carte Marion Maréchal, mais dont la campagne patine, baisse à 11% des intentions de vote (-3) et se fait doubler par Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, qui émarge à 13% (+0,5). Ce dernier, porté par une dynamique positive, distance par la même occasion Valérie Pécresse, pointant à 10,5% (-1,5). La candidate des Républicains perd notamment des électeurs au profit d'Emmanuel Macron. Derrière, Yannick Jadot (EELV) tombe à 5% (-1.5) et Fabien Roussel (PCF) à 3.5% (-0.5).

Au second tour, en cas de duel avec Marine Le Pen, le président sortant creuse l'écart avec sa rivale. Il est crédité de 61% des intentions de vote (+3,5) contre 39% pour la tête d'affiche du RN (-3,5). Le chef de l'Etat l'emporterait encore plus largement face à Jean-Luc Mélenchon (68,5% contre 31,5) ou face à l'ancien journaliste Eric Zemmour (69,5% contre 30,5).

Des Français inquiets par la guerre en Ukraine

La guerre en Ukraine s'immisce très largement dans la course à l'Elysée. Et renforce la position de celui qui y est depuis cinq ans. Selon l'enquête, un peu plus de six Français sur dix estiment qu'Emmanuel Macron est à la hauteur de la situation. D'ailleurs, une majorité des sondés approuvent la stratégie actuelle du gouvernement, entre sanctions économiques et envoi de matériel militaire et humanitaire, sans pour autant déclencher une intervention directe des troupes françaises. Mais 90% des Français interrogés se disent inquiets par l'invasion russe ; 68% redoutent même que le conflit militaire se propage en France. Enfin, 85% d'entre eux sont de plus en plus convaincus que la guerre en Ukraine aura un impact important sur la situation économique du pays.

*Echantillon de 1580 personnes représentatif des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus, dont 1484 inscrits sur les listes électorales. Interrogation par Internet les 7 et 8 mars 2022. La représentativité de l'échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, région de résidence et catégorie d'agglomération. Pour les questions d'intention de vote, seules les personnes inscrites sur les listes électorales et ayant l'intention d'aller voter sont prises en compte. Pour les questions d'opinion, l'ensemble de l'échantillon est pris en compte. Marge d'erreur comprise entre 1,1 et 3,1 points de pourcentage.