Marine Le Pen craignait que le RN soit mort "à la fin du mois d'août". Ce n'est pas le cas, mais à l'heure de la rentrée politique de sa présidente, le nouveau Front national n'est pas en forme pour autant. Plombée par les deux millions d'euros retenus par la justice en juillet dans l'affaire des assistants parlementaires présumés fictifs, la formation d'extrême-droite ferme des permanences, n'imprime plus de tracts et songe à se séparer d'une partie de ses salariés, rapportent France Inter et Le Parisien.
Coupes dans les dépenses
Sur cent permanences électorales, le RN en a fermé un tiers, affirment les deux médias. Les adhérents se trouvent sans interlocuteur dans la Manche, les Vosges, le Morbihan ou la Corse, écrit la radio, selon qui les permanences, qui perdaient déjà des adhérents, ne pouvaient plus payer leur loyer faute d'aide financière venue du siège.
Marine Le Pen a confirmé ces informations en marge de sa rentrée,à la foire agricole de Chalons-en-Champagne. Selon France Inter et Le Parisien, le parti réduit aussi la voilure sur toutes ces petites choses qui aident une formation politique à se faire entendre. "Les goodies, les drapeaux, les porte-clés, on oublie...", confie un élu à France Inter, qui ajoute que certains proches de Marine Le Pen mettent la main à la poche pour prendre le train et imprimer des tracts. Alors, pour ne pas devenir invisible, le RN pourrait se séparer d'une partie de ses salariés, entre quarante à cinquante personnes qui lui coûtent 3 millions d'euros chaque année, lit-on dans Le Parisien.
La mise en garde de Marine Le Pen
Dans ce contexte, le parti attend beaucoup du recours formé devant la Cour d'appel de Paris contre la saisie judiciaire. Si la décision de saisie était confirmée, "les conséquences seraient nationales, européennes et mondiales", a mis en garde ce vendredi Marine Le Pen à Chalons-en-Champagne. "Cela ferait disparaître le premier parti d'opposition." Et d'ajouter: "Je ne suis pas adepte des théories du complot, mais la liberté des partis politiques n'a cessé de se réduire, y compris la capacité de financement"
La présidente du RN dresse un sombre tableau des finances du parti. Selon elle, le loyer du siège du RN et les salaires des employés du parti sont actuellement payés grâce aux 650 000 euros récoltés cet été après un appel aux dons. La rentrée politique du parti, prévue les 15 et 16 septembre à Fréjus, "ne sera pas au niveau d'une rentrée politique", se désole Marine Le Pen. Alors que les européenne se profilent, la présidente du RN évalue à 9 millions d'euros le coût de la campagne.
