La semaine s'ouvre donc avec un nouveau gouvernement. Après les départs de Nathalie Loiseau, Benjamin Griveaux et Mounir Mahjoubi au cours de la semaine, leurs remplaçants ont été annoncés par communiqué dimanche soir peu après 20 heures.
Emmanuel Macron a choisi trois trentenaires parmi ses plus fidèles soldats, ses conseillers Sibeth Ndiaye et Cédric O, ainsi que la députée Amélie de Montchalin, resserrant les rangs autour de lui pendant cette période de crise. Il s'agit de la première expérience gouvernementale pour chacun des trois entrants, dont deux n'ont jamais été élus.
Sibeth Ndiaye, communicante de combat
Choix surprise, Sibeth Ndiaye, sa conseillère presse réputée pour son franc-parler, est nommée à 39 ans au poste stratégique de porte-parole du gouvernement, à la place de Benjamin Griveaux, parti faire campagne pour la mairie de Paris.
Elle était au coeur de l'équipe qui a fait toute la campagne d'Emmanuel Macron en 2017. Chargée des relations presse, elle s'était notamment fait remarquer du grand public dans le documentaire Les Coulisses d'une victoire avant de choquer pour les propos crus qu'on lui prête lors de la mort de Simone Veil.
C'est d'ailleurs sa nomination qui suscite le plus de controverses dans l'opposition. "Donc celle qui avait dit 'la meuf est dead' en parlant de Simone Veil est nommée porte-parole du gouvernement", a tweeté Lidya Guirous, porte-parole de LR, en faisant référence à l'expression polémique prêtée à Sibeth Ndiaye lors du décès de Simone Veil.
Son nom a également été cité dans l'affaire Benalla, où il lui a été reproché, au lendemain des révélations du Monde, d'orienter les journalistes vers un compte Twitter anonyme pro-Macron qui diffusait une vidéo censée disculper Alexandre Benalla, et qui s'est par la suite avérée mensongère (et pilotée par l'Elysée). Sibeth NDiaye est par ailleurs connue pour avoir assuré à l'Express en juillet 2017 qu'elle "assum[ait] parfaitement de mentir pour protéger le président", ce qu'elle a toutefois démenti par la suite.
Ce lundi, lors de la passation de pouvoir avec Benjamin Griveaux, elle a déclaré : "Servir la France, c'est pour moi avant tout servir tous les Français. Ce que je souhaite, c'est que ce ministère leur soit ouvert. Ce ministère, qui bien souvent est considéré comme celui de la parole, je veux d'abord qu'il soit celui de l'écoute".
Amélie de Montchalin, l'inflexible n°2 des députés LREM
A 33 ans, elle est l'une des porte-voix les plus virulentes de la Macronie à l'Assemblée. Elle est récompensée par le poste de secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, remplaçant Nathalie Loiseau désormais tête de liste LREM aux européennes.
Elle affiche un CV allant des grandes écoles à la banque et l'assurance : HEC, Harvard, économiste à BNP Paribas, prospective et suivi des politiques publiques chez Axa jusqu'aux législatives. Cheffe de file des commissaires LREM aux Finances à l'Assemblée, elle s'est illustrée lors du premier marathon budgétaire du quinquennat, alliant expertise et défense politique des choix de l'exécutif, au point d'être saluée même par les oppositions.
Un parcours qui lui vaut cependant d'être la cible des critiques ce lundi. Adrien Quatennens a ainsi dénoncé dimanche soir le choix d'une députée qui a porté et défendu la suppression de l'ISF à l'heure où "une majorité de Français réclament son rétablissement".
Cédric O, le conseiller de l'ombre
Conseiller de l'ombre du chef de l'Etat pour le numérique et ex-trésorier de sa campagne, il devient à 36 ans secrétaire d'Etat au Numérique, le poste auparavant occupé par Mounir Mahjoubi, qui brigue lui aussi la mairie de Paris.
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Il n'a jamais été élu mais il est loin d'être un novice en politique. "C'est un monde que je connais bien", explique-t-il, en revendiquant une douzaine d'années d'engagement auprès de Dominique Strauss-Kahn, de Pierre Moscovici puis d'Emmanuel Macron. Il a exprimé sa "fierté" d'avoir été nommé, avec l'ambition d'"obtenir des résultats rapides" dans le secteur stratégique des technologies numériques, l'une des priorités affichées du président Macron.
Au total, 10 membres du gouvernement ont quitté leurs fonctions depuis le début du quinquennat, une concentration de départs inédite en début de mandat. Avec le départ de Sibeth Ndiaye et de Cédric O de l'Elysée, ce sont aussi les derniers membres de la garde rapprochée du président, entrée avec lui au Palais en 2017, qui quittent la présidence.
