Les propositions avancées par Lionel Jospin dans son rapport pour la modernisation de la vie publique constituent-t-elles une avancée démocratique?

Ces propositions répondent à une demande très forte de la société française, notamment en matière de respect de la déontologie. De ce seul point de vue, c'est une bonne idée. Mais le résultat est très pauvre! La seule vraie proposition est l'interdiction des membres de droit du Conseil constitutionnel. Pour le reste, ce sont des idées qui circulent depuis longtemps, sans réelle originalité. Ce rapport pose de bonnes questions sans apporter de bonnes réponses.

La commission propose pourtant l'interdiction du "cumul de fonctions ministérielles avec l'exercice de tout mandat local"...

Certes. Mais il ne s'agit pas d'une interdiction de tout cumul des mandats. La commission aurait pu aller jusqu'à une interdiction stricte du cumul des mandats, au moins jusqu'à une limitation du nombre de mandats dans le temps. Si vous appliquez cette mesure de bon sens au Parlement, vous renouvelez 35% des sièges! Dans le même ordre d'idée, le rapport ne propose pas de mettre un terme à un conflit d'intérêt majeur, pour ceux qui sont à la fois parlementaires et fonctionnaires.

Que pensez-vous de l'idée de recueillir 150 000 signatures de citoyens pour se présenter à l'élection présidentielle?

C'est totalement impraticable dans les faits! Il est d'ailleurs tout à fait possible qu'une candidature fantaisiste, comme celle de Coluche en 1981, soit à même de recueillir ces 150 000 signatures.

La commission a notamment planché sur la "modernisation" de la vie publique. Est-elle allée assez loin?

Non, et c'est un autre manque important. Il n'y a rien dans le rapport sur la démocratie électronique, par exemple. Rien non plus sur l'open data, qui consisterait, notamment, à mettre à la disposition des citoyens toutes les données concernant les ressources et les dépenses. C'est dommage.