La "panthéonisation" d'un grand homme est peut-être l'une des actions les plus symboliques parmi celles susceptibles d'asseoir une stature présidentielle. Mais c'est un exercice que les présidents de la Ve république ont apprécié de manière très diverse. Avec l'annonce de la panthéonisation de Jean Zay, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Pierre Brossolette ce vendredi, François Hollande est le premier président à désigner quatre personnalités en même temps.
Médaille d'or: François Mitterrand
Champion toutes catégories de la panthéonisation, François Mitterrand a distingué au cours de ses deux mandats six grands hommes et une grande femme, la majorité d'entre eux à l'occasion de son deuxième mandat.
Le premier des grands hommes distingués par François Mitterrand fut René Cassin, résistant et prix Nobel de la paix, entré au Panthéon en 1987. L'année du bicentenaire de la Révolution, 1989, fut très prolixe en matière de panthéonisation, avec la désignation de Nicolas de Condorcet, philosophe, homme politique et mathématicien, de l'abbé Grégoire, sénateur et comte d'Empire, notamment connu pour son combat contre l'esclavage, et de Gaspard Monge, mathématicien et inventeur de la géométrie descriptive.
En 1988, c'est Jean Monnet, économiste et père fondateur de l'Union européenne qui est panthéonisé, 100 ans après sa naissance. Il sera rejoint en 1995 par les scientifiques Pierre et Marie Curie. Marie Curie, prix Nobel de physique et de chimie, fut la deuxième femme à entrer au Panthéon, après Sophie Berthelot, mais la première à être distinguée pour son mérite personnel.
Médaille d'argent: François Hollande
Avec quatre panthéonisations dévoilées ce vendredi, François Hollande s'empare d'emblée de la deuxième place dans le classement des présidents de la Ve république qui ont le plus "panthéonisé". Le président de la République a désigné ce 21 février quatre résistants: Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay.
Médaille de bronze: Jacques Chirac
Le président Jacques Chirac a fait entrer au Panthéon deux grands hommes, un par mandature: André Malraux, résistant, écrivain et ministre de la Culture de Charles de Gaulle, en 1996, et Alexandre Dumas, romancier, en 2002.
Avec une seule panthéonisation, celle du combattant de la résistance Jean Moulin, en 1964, le général de Gaulle doit se contenter de la plus mauvaise place, la quatrième. Quant à Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, ils n'ont "panthéonisé" aucune personnalité pendant leur mandat. Nicolas Sarkozy a fait entrer symboliquement Aimé Césaire au Panthéon en 2011, mais les cendres du poète sont restées, conformément à ses souhaits, en Martinique. Nicolas Sarkozy a également souhaité faire entrer Albert Camus au Panthéon, mais le fils de l'écrivain s'y est opposé.
