"Arrêtons ce jeu délétère!". Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, a tenté de défendre le gouvernement, ce vendredi, face aux salves de critiques, venues de toutes parts, concernant sa gestion de l'attentat de Nice.
Le socialiste, invité de RTL, a notamment estimé que ces critiques aboutissaient au fait qu'"il n'y a plus d'Etat de droit dans ce pays". Il évoquait notamment les interrogations sur l'indépendance de l'enquête de l'inspection générale de la police nationale, diligentée jeudi par Bernard Cazeneuve afin d'obtenir des précisions sur le dispositif policier mis en place le soir du 14 juillet à Nice/
Une enquête parlementaire sera ouverte
Jean-Marie Le Guen est également revneu sur les accusations de Libération concernant le dispositif policier, qui ont déclenché l'enquête de l'IGPN. "Si aujourd'hui un certain nombre de journalistes, de commentateurs, de responsables politiques, mettent en cause le fonctionnement de la justice, des services administratifs de l'Etat, alors c'est une thèse qui est extrêmement dangereuse pour la démocratie", a déploré le secrétaire d'Etat. "Je le dis franchement avec beaucoup de solennité: arrêtons ce jeu délétère!", a-t-il aussi demandé.
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A propos de l'enquête, il précise qu'il y aura "quatre ou cinq voies différentes pour exposer de façon transparente la réalité de ce qui s'est passé, la réalité de ce que nous faisons, personne ne peut avoir de doute là-dessus". "Si évidemment des fautes étaient avérées -mais je me place d'un point de vue théorique, abstrait-, il n'y a pas de doute non plus pour qu'elles soient sanctionnées", a insisté Jean-Marie Le Guen. Il confirme aussi l'ouverture prochaine d'une commission d'enquête parlementaire, comme le demandent Les Républicains (LR). "Elle est de droit! Elle aura lieu, personne n'en doute!" a commenté Jean-Marie Le Guen.
Estrosi "est dans un dérapage notoire"
L'un des plus virulents détracteurs du gouvernement, depuis vendredi dernier, est dans le viseur du secrétaire d'Etat. "Ce qui n'est pas transparent, c'est la décision d'un certain nombre de gens pour des raisons essentiellement ici d'audience, là pour se faire valoir ou pour se disculper. Je pense notamment à M. Estrosi (...) Il est dans un dérapage notoire. Ce qui montre d'ailleurs qu'il y a un certain nombre de nos responsables, pas seulement politiques, qui ne sont pas à la hauteur des événements", a accusé Jean-Marie Le Guen, en mentionnant l'ancien maire LR de Nice.
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Il a également fustigé le refus du Christian Estrosi, actuel président de la région Paca, de se plier à la réquisition des enquêteurs demandant l'effacement des images de vidéo-surveillance. Le procureur François Molins "prend cette décision pour des raisons de préservation de la qualité de l'enquête et aussi des manipulations qu'il peut y avoir autour de ça. Les scellés existent. Les 24 heures en question ont été gardées", a commenté le secrétaire d'Etat. Avant de s'énerver: "Et on voit un ex-maire qui commence à dire 'non je n'obéis pas au procureur'? Mais dans quel monde on est? Dans quel monde on est?"
"Il faut que les esprits de certaines personnes se reprennent. On voit bien qu'il y a une espèce de fuite en avant de M. Estrosi. Je pense qu'il s'est d'une part avancé de façon assez odieuse au plan polémique contre le ministre de l'Intérieur et que peut-être ses propres responsabilités, il essaie de les fuir. Alors qu'il devrait y faire face, expliquer aussi quelle a été l'attitude de la mairie de Nice, et assumer", a-t-il conclu.
