L'avocat d'une famille de victime de l'attentat de Nice le 14 juillet 2016 a demandé l'audition du maire de la ville Christian Estrosi et de son adjoint Philippe Pradal, a-t-on appris auprès de cette famille.

"Il ne s'agit pas d'une convocation mais d'une demande d'acte auprès du juge d'instruction pour faire entendre le maire de l'époque Philippe Pradal, son adjoint à la sécurité et à la voirie et président de la métropole Christian Estrosi", a indiqué Stéphane Erbs, défendu par Me Fabien Rajon. Cet ingénieur grenoblois a perdu son épouse dans l'attentat. Il a été lui-même blessé et ses deux enfants reconnus comme victimes psychologiques.

La mairie coopère

"Il y a eu une énorme enquête de terrain qui a été faite. Le directeur sécurité de la mairie a été entendu mais on a l'impression que ça plafonne et que le dossier stagne depuis quelques temps", ajoute-t-il.

La mairie a d'ores et déjà indiqué que les élus de la municipalité étaient disposés à s'expliquer: "Les élus de la municipalité veulent être entendus par les enquêteurs dans cette procédure qui concerne un dispositif de sécurité arrêté par l'Etat tout comme doivent l'être le préfet et le ministre de l'Intérieur". "La ville de Nice, qui partage la colère des victimes, a toujours souhaité participer dans ce dossier à la manifestation de la vérité", a-t-elle assuré.

L'attentat de Nice, qui a fait 86 morts de plusieurs nationalités le soir de la fête nationale, a donné lieu à deux enquêtes judiciaires, l'une pour terrorisme instruite à Paris et l'autre pour mise en danger de la vie d'autrui visant le dispositif de sécurité, et instruite à Nice.

"Un véritable brûlot"

Le dossier niçois contient, selon Stéphane Erbs, une lettre de l'ancien maire Jacques Peyrat "qui est un véritable brûlot contre la mairie et met en cause la faiblesse du dispositif de sécurité". Stéphane Erbs, par ailleurs trésorier de l'association de victimes Promenade des Anges, se demande "s'il y a eu du laxisme de la part de la mairie".

Au vu des compte-rendus de réunions préparatoires au feu d'artifice tenues en mairie les 28 juin et 5 juillet 2016, versés au dossier d'instruction, "il y a vraiment eu une organisation par dessus la jambe, plus que légère", estime-t-il. L'hypothèse d'un attentat avec un camion bélier avait été envisagée pour l'Euro-2016 de football.

Or, c'est justement au volant d'un camion de location que Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien de 31 ans vivant en France depuis 2007, a foncé dans la foule de 30 000 personnes qui assistaient à la Prom'Party sur le boulevard le plus emblématique de la ville, faisant 86 morts et 450 blessés.