[Mise à jour: plutôt que de se retirer, le sénateur a finalement choisi de rendre ses messages privés. Ils ne seront donc plus accessibles qu'aux abonnés qu'il aura lui-même validés.]
La Twittosphère française est en ébulition: l'un de ses membres les plus éminents vient d'annoncer son départ. Alain Lambert, sénateur de l'Orne et ancien ministre du Budget, renonce à twitter. Un départ qui ne manque pas de surprendre les blogueurs et journalistes accros aux réseaux sociaux: Alain Lambert était parmi les rares politiques français à jouer pleinement le jeu du dialogue et de l'investissement personnel sur le Web, au point de rédiger sa propre charte du bon comportement sur Twitter.
La cause de ce départ soudain? Une polémique à cause des twitts que le sénateur a publié pendant l'office dominical de ce 15 août. Quelques messages moqueurs répondent à ceux d'Alain Lambert. Et un journaliste à Ouest France publie un article, en Une de l'édition locale du journal: "Il 'tweete' pendant la messe: Alain Lambert interpellé sur le Web".
"Je quitte Twiiter (sic.) et remercie tous ceux qui m'ont fait l'amitié de la partager en me suivant. @mickaellouedec & OuestFrance m'ont découragé.", publie ce lundi 16 le sénateur. Vexé? "Ce n'est pas la fin du monde, mais je trouve que [le journaliste] a été déloyal. [...] Je vis dans un milieu rural où on lit Ouest-France. Alors oui, quitter Twitter est ma manière de protester contre les méthodes de certains journalistes. ", explique-t-il à Rue89. Dans une vidéo publiée sur son blog, il insiste: c'est la parution dans le journal papier de cette information qui le dérange.
Messages indésirables
Les 3559 abonnés au fil du sénateur - ses followers peuvent se consoler avec l'un de ces petits jeux dont Twitter a le secret et imaginent les conséquences des adieux d'Alain Lambert: " #SiAlainLambertquitteTwitter, bhein je continuerais à manger des frites et à pas savoir où est l'Orne (c'est mon séisme à moi ..) " (boup2) "#sialainlambertquittetwitter je me désabonne de Médiapart pour m'abonner à Ouest-France, le seul média qui fait plier les puissants" (Sandiet).
Alain Lambert n'est pas le premier politique à chercher sa place sur Twitter. Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre avait lui-même été exclu du site à cause de la mobilisation de quelques internautes facétieux. Quant à Lionel Tardy et Yannick Favennec, tous deux très férus du site de micro-blogging, leurs messages publiés pendant des réunions à huis clos à l'Assemblée Nationale et à l'Elysée leur avaient valu des reproches de certains de leurs collègues.