Donald Trump a mis ses menaces en application. Le président américain a signé jeudi un décret visant à limiter la protection des réseaux sociaux et la latitude dont ils bénéficient dans la modération de leurs contenus. "Nous sommes ici pour défendre la liberté d'expression face à un des pires dangers qui soit", a déclaré Trump depuis le Bureau ovale, en signant ce document qui devrait être le point de départ d'une longue bataille en justice.
Le locataire de la Maison Blanche a en particulier accusé Twitter de prendre "des décisions éditoriales" et de faire preuve "d'activisme politique" dans le choix des messages qu'il décide de soumettre à vérification.
Section 230 du "Communications Decency Act"
"Ils ont le pouvoir non contrôlé de censurer, éditer, dissimuler ou modifier toute forme de communication entre des individus et de larges audiences publiques", a-t-il estimé en évoquant les géants de la Silicon Valley. "Nous ne pouvons laisser cela se poursuivre, c'est très très injuste", a-t-il martelé.
Selon Donald Trump, ce décret réclame une nouvelle réglementation pour que les réseaux sociaux qui s'adonnent à la "censure" ne puissent "conserver leur protection juridique". Le texte vise la célèbre section 230 du "Communications Decency Act".
Cette dernière offre à Facebook, Twitter, YouTube ou Google une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d'intervenir sur les plateformes à leur guise.
Deux jours après le signalement de ses tweets
Depuis les tentatives de manipulation de la présidentielle américaine de 2016, Facebook et Twitter ont massivement investi dans la lutte contre la désinformation.
Le réseau des gazouillis a ainsi encouragé les internautes à vérifier les faits quand Donald Trump a affirmé que le vote par correspondance était forcément "frauduleux" car sujet aux manipulations.
Interrogé pendant la signature du décret sur la possibilité de supprimer son compte, Donald Trump, qui est suivi par 80 millions de personnes sur Twitter, a répondu par une attaque contre les médias : "Si nous avions une presse honnête dans ce pays, je le ferais dans la seconde", a-t-il lancé.
