La pilule a dû mal à passer pour Fabius. Il n'est pas prêt à cautionner les propos de Frêche.L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a estimé lundi sur RTL que ses propos à son égard avaient "évidemment un caractère antisémite" et venaient de quelqu'un "qui n'en est pas à son premier dérapage".

Laurent Fabius, resté très discret jusqu'à maintenant, a confié n'avoir "pas bien" réagi aux déclarations du président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, qui a dit de lui qu'il avait une "tronche pas catholique".

"Je suis resté très sobre dans mes commentaires jusqu'ici parce que ce n'est pas du tout un différend individuel, c'est une question de principe", a expliqué le député de Seine-Maritime, qui n'envisage pas de porter plainte.

"Ces propos ont évidemment un caractère antisémite. Ca ne vient pas de n'importe qui, ça vient de quelqu'un de très cultivé, qui a des responsabilités importantes et qui n'en est pas à son premier dérapage", a affirmé Laurent Fabius, faisant allusion aux propos déjà tenus par Georges Frêche sur les noirs de l'équipe de France de football ou les harkis.

Selon Laurent Fabius, "on a reproché au Parti socialiste une hésitation sur les principes", mais depuis qu'il retiré son soutien à Georges Frêche, "ce reproche ne peut plus lui être fait". Il a souligné que "Martine Aubry et beaucoup d'autres dirigeants" socialistes ont été "extrêmement clairs".

Soutien au sein du PS

Il a également tenu à "remercier les très nombreuses personnes qui (lui) ont exprimé leur soutien", non seulement au PS, mais aussi dans la majorité. "En particulier j'ai reçu un coup de téléphone d'un de mes successeurs" à Matignon Jean-Pierre Raffarin (UMP) "qui m'a beaucoup touché", a-t-il dit.

Interrogé sur ce qu'il conviendrait de faire si la liste de Georges Frêche devait se retrouver au second tour face à celle de l'UMP, Laurent Fabius a préféré "ne pas se placer dans cette situation".

"En tous cas, moi je ne peux pas cautionner ce genre de propos (...) chacun aura compris", mais "je veux qu'on travaille pour que ce choix ne soit pas à faire", a-t-il dit.

L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter (PS) a pour sa part jugé que dans ce cas de figure "le minimum c'est l'abstention".