C'est un premier pas vers un retour en politique. L'ancienne ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a annoncé vendredi vouloir "reprendre une place dans le débat public" après deux années passées à l'institut Ipsos, sans préciser ses intentions. Elle avait rejoint début 2018 cet institut de sondage où elle s'était consacrée aux études internationales.
"Si je souhaite aujourd'hui reprendre une place et un rôle dans le débat public, c'est en grande partie grâce à cette conviction [...] que nous devons impérativement redonner toute leur place aux arguments factuels et à la raison dans le débat d'idées", a justifié l'ex-ministre socialiste sur son site.
Une "hyperactive"
Après son départ du gouvernement et sa défaite aux élections législatives dans le Rhône en 2017, Najat Vallaud-Belkacem s'était mise en retrait de la vie politique. Mais cette "hyperactive" s'est beaucoup investie durant cette période mêlant "le privé, l'édition, la réflexion intellectuelle et l'engagement dans des ONG", selon son mari, le député socialiste Boris Vallaud. L'ex-ministre, qui avait un temps était pressentie pour être candidate à la direction du PS, s'était rendue fin août dernier à l'université d'été du PS, à La Rochelle, même si elle n'avait pas pris la parole en public.
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L'ex-porte-parole de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007 entend aujourd'hui contribuer "à inventer une nouvelle forme de maîtrise de l'espace public et médiatique numérique dominé par quelques grands acteurs privés et leurs technologies opaques".
"On assiste à une polarisation croissante des opinions, un appauvrissement culturel chacun se repliant sur sa communauté (...) au risque de ne plus jamais croiser de points de vues ou de personnes différentes", ajoute l'ex-ministre, fustigeant le développement des "fake news" et "la facilité avec laquelle les nationaux populistes répandent leurs idées".
Relevant la nécessité pour "les générations qui viennent d'apprendre, de se cultiver et de s'émanciper dans cet environnement incertain", l'ex-élue de Lyon dit vouloir désormais "prendre sa part à ce débat et contribuer à des solutions d'avenir".
La prochaine campagne présidentielle dans son viseur ?
"Najat est manifestement disponible", déclarait au ParisienPatrick Kanner, président des sénateurs socialistes. "Elle a accepté immédiatement de soutenir, à ma demande, en janvier prochain, le candidat socialiste aux municipales à Orléans. Elle viendra également à l'un des dîners que j'organise à la questure du Sénat", précisait l'ancien ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.
Plus discrètement, Najat Vallaud-Belkacem réunit avec son mari Boris Vallaud des hauts fonctionnaires, des intellectuels et d'anciens collaborateurs ministériels dans l'appartement parisien du couple, dans le XIXe arrondissement.
"Officiellement, c'est pour préparer la future campagne présidentielle d'Olivier Faure. Mais officieusement, c'est bien pour préparer un retour de son épouse après les élections municipales", confient certains socialistes au Parisien. L'élection présidentielle se prépare tôt, et il faudra peut-être compter sur Najat Vallaud-Belkacem.
