"Je ne vais pas m'encombrer l'esprit avec ce monsieur qui ne le mérite pas", c'est avec cette phrase que Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education, a balayé ce mardi sur France Info, la tribune de Jean-Paul Brighelli publiée dans le Pointdu 6 novembre. Ses propos avaient suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux. En cause: un discours jugé sexiste attaquant la tenue et le comportement de la ministre.

Ce délégué national à l'instruction publique de Debout la France, le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan écrit: "C'est dans Annie Hall que Woody Allen développe le concept californien de LVS - la ligne visible du slip. Mercredi, Najat Vallaud-Belkacem l'a réactualisé en LVS 2 - ligne visible du soutif. Une stratégie de communication vieille comme le monde - le rouge à lèvres et les pendentifs aux oreilles arborés par Mme Vallaud-Belkacem avaient ce mardi lors des questions au gouvernement à l'Assemblée, la même fonction 'écran de fumée' -, mais inédite devant la représentation nationale".

"Sa finesse légendaire"

Brièvement interrogée sur France Info ce mardi, l'ancienne ministre des Droits des femmes et actuelle ministre de l'Education tient à préciser: "D'abord, je voudrais remercier tous ceux qui se sont exprimés en soutien pour dénoncer ces propos. Ensuite, je vous invite à ne pas vous encombrer l'esprit avec ce monsieur qui ne le mérite pas. Moi, je ne m'encombre pas l'esprit avec quelqu'un qui, comme lui, se croit autorisé à donner des leçons sur l'école et commence par la qualifier de 'fabrique du crétin', c'est vous dire la finesse légendaire du personnage [Jean-Paul Brighelli]". Najat Vallaud-Belkacem n'a pas souhaité s'étendre sur le sujet, affirmant: " Il ne m'intéresse pas et je vais beaucoup mieux depuis que je l'ai fait disparaître de mon champs de vision".

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan président du parti Debout pour la France, estime dans Metro qu'il n'y avait vu aucune "remarque désobligeante", flattant "le sérieux" d'une chronique "bien écrite où figurent beaucoup d'informations, notamment sur l'enseignement du latin", avant de concéder: "Je me suis quand même demandé ce qu'il aurait écrit s'il s'était agi d'un homme. Je n'aurais pas dit les choses de la même façon."

Sexisme en politique

Ce n'est pas la première fois qu'une ministre ou une député est attaquée sur son physique ou sur ses tenues. Le 18 juillet 2012, Cécile Duflot s'exprime devant l'assemblée nationale. Sa robe provoque alors des sifflements et quolibets de certains membres de l'Assemblée nationale. Cette tenue fleurie est jugée "incorrecte" et inattendue par certains députés, qui se défendent de tout "machisme". Le lendemain, c'est au tour de Fleur Pellerin d'être visée. Le député UMP Marc Le Fur déclare le 19 juillet à son encontre: "Si elle n'est pas là simplement pour les apparences et pour servir de pot de fleur, elle doit figurer à nos débats et venir nous rejoindre."

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L'année suivante, en 2013, la députée Véronique Massonneau s'indigne du comportement du député UMP du Morbihan Philippe Le Ray, qui imite la poule pendant qu'elle parle pour la déstabiliser.

Aujourd'hui, les femmes politiques n'hésitent plus à dénoncer le machisme des partis politiques à droite comme à gauche comme Valérie Pécresse le 11 septembre 2015 sur i-télé dans un entretien avec Bruce Toussaint. A la question "Est-ce que le parti républicain n'est pas macho ?", la réponse est sans appel: "Mais bien sûr, rétorque la tête de liste Les républicains en Île-de-France, comme tous les partis politiques en France."

https://www.youtube.com/watch?v=chWqiB75qHQ