Le jour J, pour Najat Vallaud-Belkacem, n'était pas celui de la rentrée scolaire mais le mardi 26 août. Ce jour-là, l'élève modèle du gouvernement saute une, voire deux classes d'un coup. L'ex-ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports devient ministre de l'Education nationale, n°3 dans l'ordre protocolaire et première femme à ce poste. Depuis, "NVB" est sur tous les fronts. Récit.

Des dossiers chauds pour la rentrée

Les grandes lignes de la rentrée scolaire ont été préparées par son prédécesseur Vincent Peillon (entre les deux, Benoît Hamon n'a pas eu le temps de laisser sa marque). Mais c'est bien Najat Vallaud-Belkacem qui doit, ces derniers jours, faire front. En premier lieu pour défendre la réforme des rythmes scolaires, contestée par 60% des Français, selon un sondage publié ce lundi.

Autres matières brûlantes: la mise en place du dispositif qui remplacera les ABCD de l'égalité, la réforme de la notation, la réforme de l'Education prioritaire ou encore la suppression des bourses au mérite. Bref, les mois qui viennent s'annoncent studieux.

La presse de droite (et d'extrême-droite) sur les dents

Deux hebdomadaires font leur "Une" sur la nouvelle ministre de l'Education cette semaine: Valeurs Actuelles et Minute. "L'ayatollah", titre le premier, l'accusant d'être la ministre de la "Rééducation nationale". Le deuxième va encore plus loin en écrivant: "Une Marocaine musulmane à l'Education nationale - la provocation Vallaud-Belkacem". "Bien sûr, il n'y a aucun racisme", ironise SOS_Racisme sur Twitter.

Des attaques dans tous les sens

Certains camarades de la classe politique se comportent comme des enfants de cour de récré (voire pire) vis-à-vis de la nouvelle ministre.

Franck Keller, conseiller municipal UMP de Neuilly-sur-Seine, s'est ainsi fendu d'un tweet particulièrement misogyne: "Quels atouts Najat Vallaud-Belkacem a utilisé pour convaincre Hollande de la nommer à un grand ministère?", s'y interroge-t-il, postant une photo de la ministre en jupe. Des propos ouvertement sexistes, qu'il a finalement retiré du réseau social.

La ministre a également été victime d'attaques liées à son action au ministère des Droits des femmes. Des "ultras" anti-mariage pour tous ou issus des "Journées de retrait de l'école" l'ont ainsi accueillie, à sa nomination, par des appels à manifester contre elle. Critique reprise jusqu'au sein de l'UMP, et notamment par Luc Chatel qui l'a appelée à "lever certaines ambiguïtés", "par exemple, sur la question de la théorie du genre".

Déjà victime de racisme lors du débat sur le mariage pour tous, la ministre a également été ciblée sur ses origines cette semaine, puis par des commentaires racistes sur la page Facebook de l'Education nationale. Certains ont relayé sur les réseaux sociaux une fausse copie de sa carte d'identité où figurent le nom Dupont et le prénom Claudine. Attaque grossière censée démontrer que la ministre se ferait appeler "Najat Vallaud-Belkacem" à des fins électoralistes.

Omniprésente dans les médias

Une interview aux Echos jeudi, rencontre avec des militants PS à La Rochelle samedi, le 20h de TF1 dimanche, une interview au Monde puis un passage sur France Inter et une conférence de presse rentrée lundi matin... La nouvelle ministre de l'Education nationale mène un véritable marathon médiatique depuis sa nomination. Pour le moment, sans faux-pas.