"[ ...] Un candidat au bâtonnat ne peut ignorer les frères. Me Jean Castelain, élu en décembre 2008, a tenu compte de cette variable. Il est devenu l'avocat du Parti radical pour jouer, par ricochet, la proximité. Dans les jours qui ont suivi l'annonce de ma candidature, j'ai reçu cinq ou six appels bizarres, s'amuse ce fin juriste tout en rondeurs. J'ai fini par comprendre que ces confrères essayaient de me suggérer finement que les francs-maçons n'étaient pas opposés à l'idée de me soutenir. L'un m'a même précisé qu'un de mes compétiteurs, Jean-Yves Dupeux, avait déjà 'agité le Boulevard Bineau'. J'ai mis un peu de temps à traduire : le Boulevard Bineau, chez les personnes d'un certain âge, désigne la GLNF, puisque son ancien siège s'y trouvait." Jean Castelain n'a pas donné suite. Il a en revanche innové en s'adjoignant un vice-bâtonnier, Jean-Yves Le Borgne, proche des loges. Lorsqu'on interroge ce pénaliste élégant sur son appartenance, il répond en souriant : "Si je l'étais, vous le dirais-je ?"
Est-il nécessaire de disposer d'un soutien maçonnique pour régner sur le barreau de Paris ? Sur environ 10 000 votants, on ne compte pas plus de 500 frères. Et, contrairement au Sénat, la qualité de maçon n'est pas forcément un avantage décisif sur le plan électoral. Au cours des dernières années, deux francs-maçons ont échoué : Jean-Paul Lévy, avocat, notamment, de Libération, en 2004, et, en 2006, Francis Szpiner, ancien défenseur de Jacques Chirac, de Didier Schuller et du président de Djibouti. [...]"
