Six membres d'un groupuscule néonazi, soupçonnés d'un projet d'attentat contre une loge maçonnique, ont été interpellés mardi dans le Doubs et le Bas-Rhin, ont indiqué vendredi une source judiciaire et une source proche du dossier, confirmant une information de BFMTV.

Un projet d'attentat en Alsace pas imminent

Les personnes mises en cause sont soupçonnées d'avoir voulu préparer une action violente, potentiellement contre une loge maçonnique en Moselle. Le projet ne semblait toutefois pas imminent. Elles ont été interpellées à la suite d'échanges entre elles, et notamment parce qu'elles faisaient des recherches sur d'éventuels explosifs et avaient effectué des repérages. BFMTV précise que le groupuscule, baptisé "Honneur et Nation", avait nommé son opération "Projet Alsace".

Le Grand Maître de la Grande Loge de France Pierre-Marie Adam a indiqué avoir appris "avec stupéfaction" ce projet d'attentat. Dans un communiqué, il a félicité "tous les services de police concernés, placés sous l'autorité du préfet Laurent Nuñez, coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, pour leur célérité et leur efficacité".

Trois personnes poursuivies

Trois membres de ce groupuscule, deux hommes et une femme âgés de 29 à 56 ans, sont présentés ce vendredi à un juge d'instruction parisien en vue d'une éventuelle mise en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", selon la source judiciaire. Les trois autres, deux hommes et une femme également, ont été libérés sans poursuite à ce stade.

D'après Le Parisien, un exemplaire de Mein Kampf, ainsi qu'un tee-shirt à l'effigie de Hitler auraient été retrouvés lors des perquisitions. Des armes de catégorie C (carabines, fusils) ont aussi été découvertes, mais elles seraient détenues légalement.

Une enquête préliminaire ouverte en février 2021

Le parquet national antiterroriste (Pnat) avait ouvert une enquête préliminaire en février 2021 sur les activités de ce groupuscule d'ultradroite. Selon BFMTV et Le Parisien, celui-ci aurait également entretenu des liens avec le complotiste Rémy Daillet, récemment impliqué dans le rapt de la jeune Mia. Dans cette enquête, un mandat d'arrêt international a été lancé à l'encontre de cet ancien cadre du MoDem en Haute-Garonne, qui a été exclu du parti centriste en 2010.

Plusieurs enquêtes antiterroristes liées à la mouvance de l'ultradroite sont en cours en France.