Le 12 octobre, Emmanuel Macron reçoit du courrier. Une lettre adressée par les participants à la Convention citoyenne pour le climat dans laquelle ils regrettent l'absence de "soutien clair" du gouvernement à leurs propositions. D'après les informations de L'Express, le président a donc décidé de revoir ces citoyens qu'il avait déjà reçus, en juin, à l'Elysée, après être allé leur rendre visite pendant leurs travaux en janvier. La forme reste à déterminer, en raison des contraintes liées à la situation sanitaire, mais le calendrier est arrêté : ce devrait être d'ici Noël.
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Quand il prend connaissance de la lettre, Emmanuel Macron n'est pas choqué : il trouve son ton "juste" et l'appel à la vigilance légitime. "Beaucoup de gens font de la politique avec la convention citoyenne pour le climat", remarque, en petit comité, le président. Il estime que certains "essaient de récupérer ce courrier" pour torpiller l'action conduite par l'exécutif.
Il n'empêche, le doute sur son ambition réelle en matière d'écologie croît, alimenté, par exemple, par ses propos délibérément polémiques sur la 5G. Sur les réseaux sociaux, une pétition circule, lancée par le militant écologiste Cyril Dion : "La crise climatique qui nous attend sera infiniment pire que celle que nous traversons avec le Covid-19. Elle pourrait tout simplement rendre notre planète inhabitable. (...) Mais discrètement, le gouvernement est en train de détricoter et d'affaiblir bon nombre de leurs mesures avant de les soumettre au vote formel des députés ou des Français. C'est pourquoi nous demandons aujourd'hui que le président de la République tienne sa parole et soumette, 'sans filtre', les propositions de la Convention citoyenne pour le climat au référendum, au Parlement ou à application réglementaire directe."
"Pour la première fois, (...) nous agissons !"
Pour tenter de démontrer que le quinquennat n'est pas à l'arrêt, le chef de l'Etat a donc choisi de remettre les projecteurs sur l'écologie. Il bout de constater que son bilan n'est pas valorisé : "Il y a eu la phase Chirac, on s'indigne !, la phase suivante où on réglemente pour les générations suivantes, constate Emmanuel Macron. Pour la première fois, nous ne prenons pas des lois qui s'appliqueront aux autres, plus tard !, nous agissons." Il sait aussi que Joe Biden s'est engagé à rejoindre au premier jour de sa présidence l'accord de Paris sur le climat, dont les États-Unis sont officiellement sortis ce mercredi 4 novembre "En en sortant, Trump m'avait offert cette fonction tribunitienne", reconnaît le président.
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La première fois qu'il avait reçu la Convention, Emmanuel Macron avait été frappé de constater à quel point ces citoyens tirés au sort avaient été "traumatisés", c'est son mot, par les attaques subies au moment la présentation de leurs propositions, par exemple sur la limitation de vitesse à 110 km/heure, alors que, contrairement aux responsables politiques, ils n'avaient pas choisi de s'exposer. Six mois plus tard, c'est lui, beaucoup plus qu'eux, qui se retrouve en première ligne.
