Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé, ce mercredi 24 août, "la fin de l'abondance et de l'insouciance", Elisabeth Borne s'est chargée, dans un entretien accordé au journal Le Parisien, de présenter les mesures fortes en matière d'écologie que prendra le gouvernement à la rentrée. En plus du plan de sobriété énergétique présentée à la fin du mois de juin, la Première ministre annonce, ce samedi 27 août, la mise en oeuvre prochaine d'un "plan d'actions de plus long terme sur la planification écologique", qui concernera tous les secteurs de la société : le bâtiment, les transports, l'industrie, l'agriculture ou encore la gestion de l'eau.

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Pour aider les collectivités à accélérer leur transition écologique, un fonds vert de 1,5 milliard d'euros va être mis en place à l'automne. L'idée est que celles-ci adaptent au plus vite leur espace urbain au changement climatique, par exemple en réhabilitant les friches, en rénovant les bâtiments publics énergivores ou en donnant plus de place à la nature dans la ville. En ce qui concerne les entreprises et les particuliers, Elisabeth Borne évoque "des contraintes de bon sens", et des sanctions pour les commerces qui ne respecteront pas les deux décrets prochainement adoptés : le premier interdit les publicités lumineuses la nuit et l'autre oblige les magasins climatisés à fermer leurs portes donnant sur l'extérieur.

Concilier croissance et transition écologique

Quant au financement de cette transition écologique, il ne devrait pas passer par la taxation des superprofits, la Première ministre préférant que "les entreprises rendent du pouvoir d'achat aux Français", notamment en baissant les prix pour les consommateurs et en augmentant les revenus de leurs salariés. Elle demande aux entreprises d'utiliser la "Prime Macron", qui leur permet de verser des aides financières sans payer de charges sociales. En cas de mauvaise volonté, Elisabeth Borne n'exclut alors pas de poser sur la table le sujet d'une taxation des superprofits, redouté par le Medef, devant lequel la cheffe du gouvernement s'exprimera lundi. L'idée, en tout cas, fait son chemin à gauche. Ce dimanche 28 août, Jean-Luc Mélenchon s'est déclaré favorable à la proposition du premier secrétaire du PS Olivier Faure d'un référendum d'initiative partagée (RIP) sur la taxation de ces superprofits, en clôture des "Amphis d'été" de La France insoumise dans la Drôme.

Quant à la régulation des jets privés, évoqué par Clément Beaune, il revêt, selon la Première ministre, "un caractère symbolique", et en aucun cas crucial dans la lutte globale contre le réchauffement climatique. L'adoption de ce large plan d'actions s'avère aussi nécessaire que coûteux. Pourtant, Elisabeth Borne réitère l'objectif de la France de ramener son déficit à 3% du PIB d'ici la fin du quinquennat, indiquant que le budget 2023 a été établi en conciliant les priorités écologique et économique.