Un nom comme envolé. Tandis que sur les plateaux de télévision se succèdent responsables politiques de tous bords et médecins, donnant à ces élections municipales des airs de jamais-vu ; alors que les observateurs en tout genre s'étaient préparés à ne lire ce scrutin qu'à travers le prisme national, pas un regard ne se tourne vers l'Elysée. Emmanuel Macron a-t-il sauvé les meubles ou juste le buffet ? Les scores obtenus par sa formation - ministres mis à part puisque tous ou presque semblent s'en être sortis - plaident-ils en faveur d'un remaniement ? Est-il responsable des échecs des uns et des succès des autres ? Ce dimanche 15 mars, pas une seule de ces interrogations pourtant si obsessionnelles hier n'affleure dans les conversations. Le président de la République a comme disparu. Laissant la place, toute la place, au Coronavirus et à ses conséquences.

LIRE AUSSI >> Elections municipales :"Le second tour pourrait être reporté"

Mais pour combien de temps ? Car déjà la problématique d'un second tour rendu de plus en plus incertain par la montée en puissance de l'épidémie - à tel point qu'Edouard Philippe a pris la peine d'annoncer une consultation des autorités sanitaires et des représentants des partis politiques en début de semaine - risque de remettre au centre du jeu le chef de l'Etat. Et cette fois, pas de double lecture possible de sa responsabilité dans l'affaire. Il suffisait d'écouter dès ce soir les acteurs de l'opposition pour comprendre que la modération ne serait pas au rendez-vous en cas de report du second tour. A qui d'autre qu'Emmanuel Macron imputer le maintien du premier tour, réclamé par la droite, Gérard Larcher et François Baroin en tête ? Le chef de l'Etat a beau avoir hésité, consulté, argué en privé qu'il était impossible de prendre une telle décision sans concorde nationale, il s'est aussi présenté jeudi à la télévision en père de la Nation. "Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens. Je les assumerai", a-t-il asséné. Et cela vaut aussi, évidemment, pour son choix de maintenir le premier tour.

Et voici tous ces efforts faits pendant des mois pour se tenir à une saine distance du scrutin local partis en fumée. Il y avait déjà eu l'entaille Villani le jour où le chef de l'Etat avait accepté de recevoir à l'Elysée le dissident qui, lui, refusait de rentrer dans le rang En Marche ! Mais il ne s'agissait là que d'un petit écart, léger, réparable. Politicien. Aujourd'hui, les circonstances exceptionnelles ne permettent plus de chercher un autre responsable au report du second tour, à l'annulation du premier, au capharnaüm engendré. Son nom n'est pas prononcé... mais ce n'est qu'une question de jours.