Mis sous le feu de la critique après les révélations du Canard enchaîné, sommé de s'expliquer par l'opposition mais soutenu par le gouvernement, Richard Ferrand a exclu de démissionner ce jeudi. "On démissionne quand on est coupable de quelque chose. Je ne suis coupable de rien ni sur le plan légal, ni sur le plan moral", a affirmé le ministre face à des journalistes présents à Huelgoat (Finistère). Des propos diffusés par BFMTV.
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Depuis mercredi, le ministre de la Cohésion des territoires est dans la tourmente, épinglé par l'hebdomadaire satirique pour une location de locaux en 2011 à sa compagne par les Mutuelles de Bretagne qu'il dirigeait alors, et pour avoir brièvement embauché son fils comme collaborateur à l'Assemblée nationale, en 2014.
Ferrand tourné vers les législatives
Dans la tourmente, le ministre candidat à la députation tient bon. Même si l'affaire est en passe de devenir politique, à quelques semaines des législatives et alors que le gouvernement planche sur un projet de loi pour la moralisation de la vie publique.
Interrogé sur son avenir après les législatives, le ministre a répondu avec ironie: "J'espère bien que Dieu me prêtera vie longtemps", avant d'ajouter: "Les Françaises et les Français veulent que le président ait une majorité pour gouverner et je suis un maillon de cette majorité".
"Je m'en serais bien passé"
Dans une interview au quotidien Le Télégramme parue jeudi, Richard Ferrand assure que sa "compagne s'était déjà engagée dans l'acquisition de ces locaux avant la décision des Mutuelles". "À l'unanimité, précise-t-il au journal breton, le conseil d'administration, qui est l'instance de décision (et dont je ne fais pas partie !), a choisi pour le prix et pour leur emplacement les locaux possédés par ma compagne. D'ailleurs, le bail a été reconduit en 2014, preuve que ces locaux conviennent... étant précisé que j'ai quitté la direction des Mutuelles en 2012.""
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"Ça durcit le cuir, mais je m'en serais bien passé", reconnait le nouveau ministre. "Je suis sans doute devenu une cible du fait de mon engagement très exposé et de ma récente nomination. Mais j'ai ma conscience pour moi et le caractère résistant des Bretons! Je suis aussi républicain: le respect de la loi prime sur tout."
