De quoi rendre les écologistes verts de rage. Quelques heures avant l'adoption de la loi Macron -grâce au 49.3, donc sans le vote des députés- une série d'amendements a été injectée dans le texte. À l'origine, ils étaient censés préciser la rédaction du texte, ou gommer quelques défauts, rappelle Le Parisien.

Sauf que l'un d'entre eux, à l'initiative du sénateur Les Républicains Gérard Longuet, entérine le projet Cigeo, qui autorise l'enfouissement de déchets radioactifs à 500 mètres sous terre, à Bure, dans la Meuse. Sans surprise, les écologistes ont vivement protesté, à l'image de Denis Baupin, le vice-président de l'Assemblée nationale et député EELV, qui dénonce une manoeuvre anti-démocratique.

Dans un communiqué publié sur leur site, les députés écologistes dénoncent "un coup de force" et "une perspective inacceptable". Selon eux, le Conseil constitutionnel -qui sera de toute façon saisi par Les Républicains- retoquera le texte, étant donné que cet amendement n'a aucun lien avec le reste du texte. Ils dénoncent un projet de "poubelle nucléaire sur un territoire -la Champagne- qui vient d'être classé au patrimoine de l'humanité."

Jeudi matin, le président (PS) de la commission spéciale, François Brottes, a tenu à défendre "l'amendement Longuet". "Le débat sur Cigeo dure depuis longtemps et cet amendement ne vient pas à la dernière minute puisqu'il a été repris du Sénat", explique celui qui justifie son introduction suite à la découverte de "perspectives financières de la filière nucléaire".

100 000 ans de radioactivité

Longtemps combattu par les écologistes, retiré avant sa présentation en Conseil des ministres en décembre 2014 suite à colère d'EELV, le projet Cigeo prévoit d'accueillir, d'ici 2025, les déchets radioactifs les plus dangereux à Bure, dans la Meuse. En confinement censé permettre, d'ici 100 000 ans, de récupérer des déchets sans danger pour l'homme.

Le projet devrait être financé par EDF, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), Areva et les producteurs de déchets selon l'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Le coût devrait s'élever à 35,9 milliards d'euros au moins.