Dans l'hypothèse d'une victoire de la droite lors des élections législatives, François Baroin s'imagine assez bien travailler avec Emmanuel Macron. "Si nous avons la majorité absolue, c'est notre projet qui sera mis en oeuvre. On a connu des temps de cohabitation, mais là, ce serait différent, affirme-t-il dans une interview au Parisien. Cela n'aura rien de conflictuel. Certains parlent de covoiturage, mais c'est un terme impropre aux institutions. Il s'agit en tout cas d'un partage de responsabilités".
"Nous ne sommes pas une droite scrogneugneu"
Celui qui dresse plusieurs fois dans cette interview le constat d'un "pays fracturé", ne doute pas de la possibilité de faire avancer la France en cas de majorité de la droite à l'Assemblée. "C'est une campagne difficile, mais, oui, nous pouvons obtenir la majorité, absolue ou relative. Et si nous sommes en responsabilité aux côtés du président, je ne doute pas du soutien qu'il apportera à notre majorité pour redonner de la force à notre pays".
"Personne ne veut bloquer" la France, affirme-t-il encore. "Nous ne sommes pas une droite scrogneugneu. Mais une coalition, ce n'est pas une addition d'individualités dans un gouvernement provisoire qui n'a d'autre objectif que d'obtenir une majorité absolue pour En Marche !".
Pas tendre avec Macron et Philippe
Même s'il se verrait bien à Matignon, François Baroin n'entend pas pour autant épargner le gouvernement et le projet de la République en Marche. Ainsi il affirme avoir avec Emmanuel Macron, "des divergences sur à peu près tous les sujets". Il fustige notamment le projet du Président de recourir aux ordonnances. "Les ordonnances sont, comme le 49.3, une arme nucléaire institutionnelle. Valls est mort sur le 49.3."
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Il pointe également les directives données par l'Elysée, notamment en ce qui concerne la limitation du nombre de conseillers dans les cabinets ministériels. "Le fait que les ministres voient pour la première fois le nombre de leurs collaborateurs limités par décret a une conséquence: c'est l'administration centrale, dans chaque ministère, qui va dominer. Les ministres n'auront ni le temps ni les moyens d'être véritablement aux manettes". "C'est une ultracentralisation".
Enfin, interrogé sur le premier ministre Edouard Philippe, issu des Républicains, François Baroin ne manque pas non plus de l'égratigner. "Edouard Philippe fait aujourd'hui campagne contre ses amis de toujours, c'est terrifiant", assène-t-il.
