Plus qu'un vote, un plébiscite. Avec près de 90% des suffrages exprimés, Georges Frêche, étiqueté divers-gauche, a remporté haut la main jeudi 3 décembre le test de la consultation des militants socialistes sur les listes pour les régionales.
Dans les cinq fédérations (Aude, Pyrénées-Orientales, Gard, Hérault et Lozère), le président sortant de Languedoc-Roussillon a reçu un soutien massif, signe de son influence au niveau local. La liste qu'il conduisait dans l'Hérault, étiqueté divers gauche, a obtenu 87%. Celle de l'Aude où se présente l'ancien international de rugby Didier Codorniou, qui fait campagne pour le compte de Georges Frêche, a été validée à 90%.
Cet soutien massif des militants accentue la pression sur les instances nationales du parti, peu enclines à réintégrer Frêche.
Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a indiqué ce matin sur France-Inter "prendre acte des résultats". Avant de temporiser: "Nous allons en discuter d'ici le 12 décembre", évoquant la ratification des listes à Tours, lors d'une convention nationale.
Un personnage controversé
Malgré son éviction du bureau national du parti en 2007, la popularité régionale de Georges Frêche reste intacte. Les responsables du PS, eux, sont tiraillés entre les pro et les anti-Frêche. Sans perdre de vue l'objectif primordial: garder la région à gauche. "Nous prenons notre décision à l'aune de deux impératifs: rassembler la gauche au premier tour, rassembler la gauche si possible au second tour et surtout ne pas perdre la région, la garder à gauche", a ajouté le porte-parole du PS.
Georges Frêche, aujourd'hui "divers gauche", reprendra-t-il l'étiquette du PS? Si le parti décide sa réintégration, il prend le risque de relancer la polémique autour de ses dérapages verbaux. Parmi les plus connus, ses propos sur l'équipe de France de football ou ceux sur les harkis, traités de "sous-hommes".
Comme le montre cette vidéo tournée par Montpellier Journal le 26 novembre dernier, son entourage surveille désormais ses interventions publiques comme le lait sur le feu.