"Une semaine de 28 heures en quatre jours", "un revenu d'existence élevé, universel"... A deux jours de leur université d'été, qui débute jeudi 19 août, les Verts peaufinent leur projet politique. L'un des sujets du débat concerne la "décroissance", une thématique notamment défendue par Yves Cochet, député de Paris (Verts), dans une tribune du Monde, mardi 17 août.
Selon lui, le bilan est alarmant: "Nous vivons l'époque où la croissance rencontre les limites de la planète". Face à l'"immensité du désastre écologique et géologique" et au "chaos social" que provoquera l'absence de croissance, la décroissance s'inscrit comme un mode de développement privilégiant "une société écologiquement plus sobre" mais aussi plus "solidaire".
"C'est dans ce paysage de décroissance que doit s'élaborer le projet d'Europe Ecologie pour la décennie 2010-2020", conseille donc Yves Cochet.
La décroissance, un point de rupture
Parmi les autres partisans de la décroissance figure Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts. Interrogée en décembre 2009 par LEXPRESS.fr, elle propose une "transformation écologique de l'économie". Et son verdict est catégorique: "Ceux qui attaquent la décroissance ne veulent rien changer."
Le mensuel La décroissances'en prend ainsi aux "écotartuffes". Comprendre: Nicolas Hulot, Yann Arthus-Bertrand, ou encore Daniel Cohn-Bendit, qui, selon eux, n'aurait "rien compris à la décroissance".
S'il n'est pas la seule figure écolo à prendre ses distances avec la décroissance - l'ex-ministre Dominique Voynet est aussi sceptique-, "DCB" s'est, lui, prononcé dès 1998 "pour le capitalisme et l'économie de marché", dans son ouvrage Une envie de politique, un sacrilège pour les "casseurs de pub".
L'UMP décrédibilise les Verts
La philosophie de la décroissance est aussi l'un des principaux points de divergence avec les socialistes, encore très attachés au productivisme.
Du pain-bénit pour l'UMP, qui s'en donne à coeur joie pour fustiger les Verts, quitte à sombrer dans la caricature: "La solution n'est pas dans les idéologies de la décroissance ou du repli. Les idéologies de la décroissance sont des idéologies égoïstes, qui veulent maintenir les pauvres dans la pauvreté. C'est cela la décroissance, c'est fermer la porte du progrès et du mieux vivre à ceux qui n'ont rien", avait asséné en mars 2010 Nicolas Sarkozy à l'occasion de la Conférence internationale sur l'accès au nucléaire civil. Il reste encore bien du travail à Yves Cochet...