Ils se rassureront en paraphrasant Cyrano de Bergerac. Depuis leur percée aux élections municipales, les maires et leaders nationaux d'Europe Ecologie-Les Verts ont l'honneur d'être une cible pour La République en Marche et Les Républicains. A Lyon, Grégory Doucet dit son opposition à la ligne à grande vitesse Lyon-Turin ? "Zadisme !", réplique sur Twitter la députée LREM Olga Givernet. Le secrétaire national Julien Bayou juge sur France Inter la technologie 5G "extrêmement consommatrice d'énergie" ? La secrétaire d'Etat Agnès Pannier Runacher crie aussitôt à "l'infox". Quant au patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, il dénonce rien de moins qu'une "tendance très communautariste" d'EELV.
Ces accusations ont un même but : démontrer que les écologistes seraient inaptes à exercer le pouvoir car sujets au gauchisme dans tous les domaines qui dépassent l'environnement. "Les coups étaient beaucoup moins violents quand on était à 3%. Et pourtant, on disait déjà la même chose", ironise la numéro 2 du parti, Sandra Regol.
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Les concurrents d'EELV concentrent leurs attaques sur les questions régaliennes. "On est en désaccord avec eux sur la politique migratoire", pointe le président du groupe LR à l'Assemblée, Damien Abad. Le programme officiel du mouvement comporte des chiffons rouges, comme la fermeture des centres de rétention administrative pour les étrangers en situation irrégulière, ou la suspension du renvoi des demandeurs d'asile dans le pays de première entrée dans l'Union européenne, prévu par les accords de Dublin.
La vidéosurveillance en question
En ce qui concerne la sécurité du quotidien, c'est leur hostilité à la prolifération des caméras de surveillance dans l'espace public qui valent aux écologistes le plus d'attaques. Angélisme ? "Au contraire. Nous sommes très réalistes sur ce qui se passe dans nos villes, réplique Sabrina Sebaihi, adjointe au maire à Ivry-sur-Seine et spécialiste des questions de sécurité à EELV. Cela fait par exemple des années que l'on alerte sur la détérioration des relations entre la police et la population."
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Les écologistes ne retireront pas massivement les caméras dans les villes où ils ont été élus - Grégory Doucet a simplement promis un audit sur la question - mais ils comptent informer la population sur leurs insuffisances. "Au sein de la police et de la justice, on nous explique que les caméras servent avant tout à résoudre les enquêtes et qu'elles n'empêchent pas les délits d'être commis. Moi, mon sujet, c'est que les gens ne se fassent pas agresser", poursuit Sabrina Sebaihi, actuellement auditrice à l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice. Les écologistes prônent plutôt une augmentation des moyens humains pour que les policiers soient plus nombreux à faire de la prévention et de la dissuasion sur le terrain.
Sur le volet économique, alors que LREM dénonce leur "écologie punitive" et que beaucoup à LR évoquent les risques de la décroissance, les dirigeants d'EELV ont été rassurés par un sondage Odoxa publié le 2 juillet : 59% des Français ne jugent pas leur mouvement "dangereux pour l'économie". Ces critiques-là ont, pour l'instant, manqué leur cible.
