En politique, l'amitié semble une valeur bien relative, en tout cas pour Robert Bourgi. L'avocat, qui avait fragilisé un peu plus un François Fillon déjà cerné par les affaires en reconnaissant être le généreux "ami" qui avait offert deux costumes à l'ancien Premier ministre pour une valeur de 13 000 euros, a assumé, jeudi, dans Complément d'Enquête, avoir "appuyé sur la gâchette".

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"François Fillon est un ami, était un ami", commence Bourgi. Et si ce personnage emblématique de la Françafrique a choisi d'enfoncer son ancien camarade, c'est par déception amicale, vexé par l'indifférence de celui qui venait alors de triompher à la surprise générale à la primaire de la droite et du centre.

"Je vais me le payer"

"Je lui envoie un texto: Cher François, j'aimerais bien passer cinq minutes avec toi pour te féliciter de vive vois et boire une bonne bouteille", raconte Bourgi. Malheureusement, "aucune réponse, je dis bien aucune réponse".

4 mois plus tard, Bourgi retente alors sa chance. "François, je ne comprends pas ton silence". Réponse lapidaire du candidat, "J'ai la tête sous l'eau, je n'ai pas le temps de te voir".

Erreur fatale, manifestement. "Je me suis dit: 'comment cet homme peut il se comporter avec moi comme ça et j'ai appuyé sur la gâchette'", confie Bourgi. Lors d'un déjeuner avec Nicolas Sarkozy, il confie, selon ses dires, à l'ancien Président. "Je vais me le payer, je vais me le faire Nicolas. Je ne veux pas que cet homme entre à l'Elysée, il n'en est pas digne."

"Qui touche à Sarkozy me touche"

Une initiative dont Sarkozy n'aurait pas tenté de dissuader Bourgi. "Même si je te dis le contraire, je connais ta détermination, tu vas le faire", lui aurait déclaré l'ancien président, avant d'anticiper: "Il ne sera pas président tu vas le tuer". Contacté par Le Figaro, l'entourage de Nicolas Sarkozy dément les propos attribués à l'ancien chef de l'Etat.

Mais Bourgi ne s'arrête pas là. Selon lui, deux autres raisons l'aurait poussé à sortir du bois pour mettre en difficulté son ancien ami. Tout d'abord, l'attitude "ignoble" de Fillon envers Sarkozy. "Qui touche à Sarkozy me touche", explique Bourgi.

Enfin, le renoncement du candidat Fillon à sa promesse de renoncer à la présidentielle en cas de mise en examen. "Ça, je ne l'accepte pas", raconte l'"homme aux costumes".