Il s'agissait d'un discours très attendu. Ce dimanche, lors d'une allocution solennelle dans la cour des Invalides, François Hollande a reconnu "les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines de ceux transférés en France".
Pendant sa campagne présidentielle de 2012, le candidat François Hollande s'était déjà engagé à reconnaître la responsabilité de la France "dans l'abandon des harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil des familles transférées dans des camps en France".
Un passage obligé pour plusieurs candidats
Après les accords d'Evian du 18 mars 1962, qui ont mis fin à la guerre d'Algérie, entre 55 000 et 75 000 harkis ont été, d'après les historiens, abandonnés dans l'ancienne colonie, où ils ont subi de sanglantes représailles. Quelque 60 000 ont été admis en France par la suite. Si l'on additionne ses descendants, cette communauté représenterait près de 500 000 personnes.
Instituée par un décret du 31 mars 2003, cette journée nationale donne lieu chaque année, à Paris, à une cérémonie officielle d'hommages dans la cour d'honneur des Invalides.
Cela explique pourquoi certains candidats se pressent pour, chacun à sa manière, rendre hommage à la communauté harkie. Lorsqu'il était président de la République, Nicolas Sarkozy avait, lui aussi en fin de mandat, dénoncé la responsabilité de la France dans son rôle auprès des harkis. Redevenu candidat, l'ancien chef de l'Etat formule un nouvel hommage.
Bruno Le Maire, un de ses concurrents pour la primaire à droite, a choisi de publier une tribune sur le Huffington Post, dans laquelle il dénonce "l'abandon indigne" des harkis par la République et enjoint l'Etat à "assumer sa responsabilité", notamment en matière d'indemnisation
