La polémique sur le gel des primes et avancements des fonctionnaires est relancée. Interrogé à Questions d'Info (LCP/Le Monde/France Info/AFP) sur cette proposition attribuée par la presse à Vincent Peillon, Bruno Le Roux a affirmé que la question était bien "sur la table".
Il a d'abord tenu à rappeler que le ministre de l'Éducation avait "démenti". Mais sous l'objection des journalistes: "C'est sur la table. Bernard Cazeneuve (le ministre du Budget) le propose aux ministres", Bruno Le Roux a répondu: "Je sais que c'est sur la table. Je sais que Bernard Cazeneuve aujourd'hui envisage ces mesures, pour ensuite nous faire la proposition, au Premier ministre, au président de la République et à la majorité (...)".
Un peu plus tard, le patron des députés PS a affirmé avoir voulu dire qu'il y "a des sujets qui sont sur la table dont peut-être celui-là". En tout état de cause, si cette hypothèse de gel était proposée "j'y serais défavorable", a poursuivi Bruno Le Roux.
"Je dis, d'ores et déjà ici, que dans la fonction publique, dans toutes les fonctions publiques, celle de l'éducation comme toutes les autres, je serai attentif aux fonctionnaires qui sont aujourd'hui les plus modestes, et notamment les fonctionnaires de catégorie C", avait-il dit à Questions d'Info.
Un "casus belli" pour Jean-Claude Mailly, une deuxième démenti de Jean-Marc Ayrault
Le secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly a tout de suite réagi sur RMC/BFMTV, estimant qu'un gel des primes et avancements des fonctionnaires serait un "casus belli" et traduirait une "logique d'austérité" du gouvernement.
"Pour les fonctionnaires, qu'ils soient FO ou pas, d'ailleurs, c'est un casus belli. Je rappelle qu'ils ont aussi un pouvoir d'achat gelé depuis quatre ans maintenant, donc ça fait beaucoup", a-t-il epliqué. "Ca ne passera pas", selon lui.
Jean-Marc Ayrault quant à lui a démenti jeudi cette hypothèse. "Ce n'est pas vrai... Pourquoi annoncer de fausses nouvelles? (...) On n'est pas dans le concours Lépine des économies", a dit le Premier ministre sur Europe 1.
La polémique avait fait rage la semaine dernière, quand Les Échos et Le Figaro avaient attribué à Vincent Peillon la proposition de geler l'avancement et les promotions de l'ensemble des fonctionnaires. L'intéressé avait aussitôt démenti ces propos, suivi déjà du Premier ministre.
Vendredi, à la suite de cette polémique, M. Cazeneuve avait déclaré à l'AFP que "les fonctionnaires ont déjà fait beaucoup d'économies, la stabilisation du point (d'indice, ndlr), la stabilisation des effectifs".
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