"Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique". Les propos de Georges Frêche à propos de Laurent Fabius, relayés par L'Express, font réagir l'ensemble de la classe politique. De gauche comme de droite.
Exclu du PS en janvier 2007 pour dérapages verbaux, il a été plebiscité par les militants socialistes pour conduire la liste régionale en mars prochain. La direction du PS, qui ne lui avait jusque là pas opposé de liste alternative, réfléchit à une sanction.
Mercredi, la première secrétaire du PS Martine Aubry s'est dite "indignée" et a annoncé à l'AFP qu'elle saisirait mardi prochain la direction du PS pour "décider des suites".
"Après les propos nauséabonds et insupportables de Georges Frêche, rapportés par L'Express, j'appelle le Parti socialiste à prendre ses responsabilités et à rompre définitivement avec ce personnage qui fait honte à la gauche et à la République", a appelé Manuel Valls, le député de l'Essonne et membre du Bureau national du PS. "Nous sommes nombreux après cette nouvelle provocation à considérer que le risque de perdre une région ne pèse rien par rapport au risque de perdre l'essentiel, nos valeurs", conclut-il.
Le député PS de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone a lui, appelé à constituer une liste PS contre Georges Frêche aux régionales en Languedoc-Roussillon, estimant qu'"il est temps d'en finir" avec le président sortant de la région.
"S'il persiste à renoncer aux valeurs de gauche, qu'il cesse immédiatement de s'en réclamer!", a déclaré Pierre Laurent, le numéro 2 du PCF, estimant qu'"il y en a assez de ce renoncement permanent".
Sur France Inter, M. Peillon a affirmé: "Moi je l'ai beaucoup soutenu. C'est un ami, j'ai pris des engagements y compris publics (..) au fond de lui-même, je pensais qu'il était tout sauf raciste. Franchement, j'attends qu'il s'explique et je pense qu'il a des excuses à faire si vraiment ça a été prononcé."
Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a affirmé jeudi qu'Europe Ecologie était "prêt à travailler" avec Hélène Mandroux, maire PS de Montpellier, pour une liste alternative "démocratique" à Georges Frêche aux régionales de mars prochain en Languedoc-Roussillon.
A moins de deux mois des élections régionales, la majorité présidentielle profite également de cette nouvelle polémique.
Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a estimé jeudi que le Parti socialiste devait "retirer son soutien à Georges Frêche" après "sa nouvelle sortie inadmissible".
Selon M. Lefevbre, "il y a suffisamment de listes de gauche en Languedoc-Roussillon pour que le Parti socialiste l'accorde à une autre liste" et "s'il ne prenait pas cette décision, ce serait un nouvel exemple de double langage".
Le député UMP de Seine-Saint-Denis Eric Raoult a déclaré avoir "découvert un Le Pen de gauche" en Georges Frêche, après ses propos contre l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius.
Le président du Nouveau Centre Hervé Morin a estimé jeudi que le PS, "magnifique donneur de leçons", devait "investir une nouvelle liste" aux régionales. Sinon, a-t-il fait valoir, "ces élections régionales, quel qu'en soit le résultat, le Parti socialiste les aura perdues moralement", a jugé le ministre de la Défense.
Autre réaction, celle de SOS Racisme, qui a demandé au PS de "retirer son soutien à Georges Frêche après des propos indignes d'un élu de la République."