Georges Fréche ne s'embarrasse pas de contradictions. Depuis qu'il est entré en politique, cet homme de gauche s'est employé à attirer à lui les électeurs tous azimuts, de l'extrême droite à l'extrême gauche.
Jérusalem, capitale "une et indivisible" d'Israël
En 1973, candidat pour la première fois à l'élection législative, il s'intéresse de très près aux 5% recueillis par le candidat du Front national, André Troise. Au lendemain du premier tour, il invite Troise chez lui, puis cherche à rencontrer au siège montpelliérain du FN Alain Jamet, le chef historique des lepénistes de la région. Mais celui-ci ferme sa porte au "candidat des marxistes".
Jamet sait néanmoins que, depuis, une partie de ses troupes file chez Frêche aux élections locales. La petite phrase sur la "tronche pas catholique" de Laurent Fabius constitue, dans cette période où s'annonce pour Frêche une forte déperdition des voix de gauche, un clin d'oeil appuyé à la frange lepéniste de son électorat, qui déteste, dans les mêmes termes, l'ancien Premier ministre.
En même temps, Frêche n'a jamais cessé d'entretenir des liens amicaux très forts avec la communauté juive de Montpellier. Il est ainsi l'un des rares hommes politiques de l'Hexagone à souhaiter voir Jérusalem devenir la capitale "une et indivisible" d'Israël.
Dans son livre Il faut saborder le PS (Le Seuil - 2007), il clame même son affection pour le peuple juif: "Je vais vous faire une confidence, confie-t-il à son intervieweur, Alain Rollat, je me sens très proche d'eux, bien que j'aie reçu, par mon père, une éducation catholique, parce qu'il n'est pas impossible que ma famille ait des racines juives. En Ariège, des Frêche il y en a peu et, selon les étymologistes occitans, notre nom proviendrait du nom de l'arbre, le frêne, très répandu dans les environs de Saint Girons. Mais des Frêche, il y en a aussi beaucoup à Paris et ces Frêche-là, dont le nom s'écrit exactement comme le mien, ce sont tous des juifs: des juifs originaires des pays baltes -Lituanie, Lettonie- ou de Pologne. Or, selon ces Frêche de Paris, ma famille ariégeoise pourrait descendre d?une famille de marranes convertis au catholicisme après avoir été chassée d'Espagne au XVe siècle. Cette hypothèse me plaît; j'aimerais bien être d'origine juive. Pour moi, avoir une ascendance juive, ce serait un honneur. Quel est le peuple qui a produit Moïse, Jésus de Nazareth, Marx, Freud et Einstein? Comment ne pas être fier d'être juif?"
