La mémoire du général de Gaulle honorée. Emmanuel Macron s'est rendu ce lundi à Colombey-les-deux-Eglises, en Haute-Marne, dans un contexte très particulier à cause du confinement, pour rendre hommage à son prédécesseur le plus illustre, 50 ans jour pour jour après son décès.
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"Résilience et volonté. Cet esprit fut incarné par Charles de Gaulle, engagé pour la France dans les moments de douleurs comme dans ceux de gloires. Cet esprit est un héritage, celui de la France", a publié sur Twitter le chef de l'Etat avant son arrivée à la mi-journée. Dans la vidéo intégrée au tweet, Emmanuel Macron souligne en voix off que de Gaulle avait une "confiance inébranlable dans le destin de la France", "nous dit que la France est forte quand elle se tient unie", et a incarné "cette force d'agir, cet esprit français".
Ce "pèlerinage" a débuté dans un village de Colombey-les-deux-Eglises étrangement vide et silencieux malgré un beau soleil automnal. A cause de l'épidémie du Covid-19, la cérémonie s'est en effet déroulée sans le public qui, habituellement, se retrouve dans le bourg où le général de Gaulle a vécu les derniers mois de sa vie avant son décès le 9 novembre 1970. Les boutiques de souvenirs et les restaurants, comme la Table du général, sont restés fermés, confinement oblige.
Emmanuel Macron, accompagné de son épouse Brigitte, a déjeuné à la mairie en présence de trois membres de la famille de Charles de Gaulle : ses petits-fils Yves et Pierre et sa petite-fille Anne de la Roullière. Il était également accompagné par des élus locaux, et le président de la Fondation de Gaulle, l'ancien ministre Hervé Gaymard.

Emmanuel Macron (G) parle avec Yves de Gaulle, petit-fils du général de Gaulle, le 9 novembre 2020 à Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne)
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Le couple présidentiel s'est ensuite à la Boisserie, la résidence familiale devenue en partie un musée. Puis Emmanuel Macron s'est recueilli sur la tombe blanche où Charles de Gaulle repose, aux côtés de son épouse Yvonne et de sa fille Anne, dans le cimetière qui jouxte l'église. Il a ensuite à une cérémonie militaire devant la Croix de Lorraine, immense monument en granit rose de 43,50 m dominant les vignes environnantes, qui seront survolées par la Patrouille de France.

Emmanuel Macron devant le mémorial Charles de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises, le 9 novembre 2020
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Aucun discours n'a été prévu et la messe du souvenir qui se déroule chaque année a été annulée en raison de l'épidémie. Après 1970, le "pèlerinage du 9 novembre" était devenu un rendez-vous incontournable pour les élus gaullistes. Les présidents Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy n'y ont pas dérogé, tandis que le socialiste François Hollande ne s'est rendu qu'à une reprise à Colombey durant son quinquennat.

François Hollande dépose une couronne sur la tombe du Général De Gaulle flanqué de son fils, Yves de Gaulle (d) à Colombey-les-Deux-Eglises, le 13 juin 2016
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Pour Emmanuel Macron, ce second déplacement dans le village de Haute-Marne depuis son élection marque la fin des célébrations de l'année de Gaulle, organisées pour les anniversaires de sa naissance il y a 130 ans, de l'Appel du 18 Juin il y a 80 ans et de sa mort.
"L'esprit de résilience"
Elles lui ont donné l'occasion de se mettre dans les pas du fondateur de la Ve République, devenu aujourd'hui une figure tutélaire célébrée de l'extrême droite à l'extrême gauche, chacun revendiquant une partie de son héritage. "Chacun s'est approprié sa part, même les communistes. Tous ceux qui font référence à la politique du général de Gaulle respectent sa Constitution, celle de la Ve République", remarque son fils Philippe de Gaulle, âgé de 98 ans, interrogé par Paris Match.
Pour l'Elysée, Charles de Gaulle "incarne avec force et vigueur l'esprit de la nation française : il a réussi à rassembler les Français pour qu'ils fassent preuve de résilience et de volonté face aux épreuves". Autant de valeurs auxquelles fait appel, dans ses discours, Emmanuel Macron face aux "épreuves" actuelles que sont l'épidémie du Covid-19 et les attaques terroristes des dernières semaines.
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C'est dans cet esprit que le chef de l'Etat présidera aussi cette semaine les cérémonies de l'Armistice du 11 novembre 1918, marquées par le centenaire de l'inhumation du Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe et l'entrée au Panthéon de l'écrivain Maurice Genevoix, auteur de Ceux de 14 sur les combattants de la Grande Guerre.
Cinquante ans après sa mort, Charles de Gaulle reste une figure d'une richesse inépuisable : une vingtaine de livres lui ont été consacrés depuis la rentrée, et la télévision multiplie les émissions, dont l'ambitieuse série De Gaulle, l'éclat et le secret, diffusée actuellement par France 2.
La droite, héritière du gaullisme, et l'extrême-droite, qui avait combattu de Gaulle, ont également rendu hommage au général ce lundi. Le président de LR Christian Jacob, avec le président LR du Sénat Gérard Larcher et les chefs de file au Parlement, Damien Abad à l'Assemblée, et Bruno Retailleau au Sénat, déposeront mardi midi une gerbe au pied de la statue de Charles de Gaulle, avenue des Champs-Elysées à Paris.
"'La France est une seule chose, une grande chose, une chose humaine, pleine de confiance en soi'. En cette période de crise, souvenons-nous de ses mots et de son courage", a tweeté Christian Jacob, tandis que Damien Abad estimait que "de Gaulle reste une boussole pour notre pays". "Il nous a laissé un héritage immense : la certitude que la France sait toujours se sortir des épreuves pour retrouver sa vocation à la grandeur", a de son côté affirmé Bruno Retailleau. LR, qui devait initialement commémorer le général à Colombey, a dû reporter son hommage en raison de la crise sanitaire.
