Une charge au lance-flammes. Largement distancée au premier tour des élections législatives à Villeurbanne, Najat Vallaud-Belkacem a vivement attaqué mercredi son adversaire de La République en marche lors d'un débat télévisé sur France 3. L'ancienne ministre de l'Education a ainsi accusé l'entrepreneur Bruno Bonnell de "chercher à échapper à l'impôt", en s'appuyant sur un article de Mediapart.
Après avoir adressé un message personnel aux Villeurbannais, Najat Vallaud-Belkacem s'en est directement pris à son rival. "Je ne crois pas qu'ils [les électeurs de Villeurbanne] vous connaissent si bien, a-t-elle lâché. Des révélations ont été faites ces derniers jours à votre sujet par Mediapart qui concernent à la fois la façon dont vous avez cherché à échapper à l'impôt, dont vous avez domicilié des sociétés dans des paradis fiscaux."
"Commentaire de caniveau"
Et l'ancienne ministre de conclure: "Ça en dit long de votre sens de l'intérêt général." Mis en cause, Bruno Bonnell s'est dit "extrêmement déçu" par ces accusations. "Tout ça est un ramassis de crachats d'information dans lequel vous vous êtes fait dupée. Vous venez à mon avis de décevoir des milliers d'électeurs", a-t-il affirmé, fustigeant un "commentaire de caniveau".
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Les accusations lancées par la candidate socialiste se basent sur des articles de Mediapart et du site d'enquête Mediacité. Le candidat est soupçonné d'être propriétaire de deux sociétés, BB26 et Navya, basées dans l'Etat américain du Delaware, paradis fiscal notoire qui compte davantage d'entreprises domiciliées que d'habitants. "Tout est transparent", argue pourtant le candidat LREM.
"Tout est transparent"
Un jugement de divorce daté de 2011 a enfin été exhumé. Selon cette décision de justice, l'entrepreneur aurait "entièrement restructuré son patrimoine(...) afin d'éluder l'impôt de solidarité sur la fortune (...) et l'impôt sur le revenu". De fait, le candidat "n'a pas été soumis à l'impôt sur le revenu, ni au titre de l'année 2008, ni à celui de l'année 2009".
L'intéressé a confirmé dans Lyon Capitale qu'il n'a pas payé l'ISF en 2008 et en 2009. Mais, selon lui, c'est en raison de la pension alimentaire versée à son ex-femme dans sa déclaration de revenus, qui a été "prise en compte pour le calcul de cet impôt".
