La logique du premier tour de la primaire écologiste aura été respectée. C'est Yannick Jadot qui portera les couleurs écologistes pour l'élection présidentielle de 2022. Le député européen a remporté le scrutin d'une très courte tête avec 51,03% des voix face à sa concurrente Sandrine Rousseau. La candidate revendiquée écoféministe obtient pour sa part 48,97% des suffrages.
Mais les choses sérieuses ne font que commencer, il faut maintenant rassembler sa famille politique et rien ne sera moins facile. Certes cordiaux dans la forme et malgré les amabilités de façade, de cinglants désaccords ont marqué la primaire écologiste. L'élimination - presque surprise - d'Eric Piolle au premier tour, pourtant chouchou du parti tant il comptait de responsables d'Europe écologie - Les Verts parmi ses soutiens - a laissé des traces. Terré à Grenoble, le maire écologiste ne digère pas le sabordage mené par Sandrine Rousseau.
D'ailleurs, bien que défaite, celle-ci est au centre de bien des interrogations. Soutiendra-t-elle le candidat Yannick Jadot ? Les méthodes de la candidate qui a, par l'intermédiaire de ses soutiens, intimé à Yannick Jadot de se retirer au motif que celui-ci était un homme, ont laissé des traces. Autant de pressions qui laissent à penser que les lendemains de la primaire risquent d'être houleux, les écologistes nous ayant habitués aux troisièmes tours dramatiques comme en 2002 lorsqu'ils durent retirer l'investiture d'Alain Lipietz au dernier moment.
Voilà toutes les questions sans réponses franches qui vont préoccuper Yannick Jadot pendant les jours à venir. A lui, ensuite, la lourde tâche de batailler avec le reste de la gauche et notamment les socialistes et leur candidate Anne Hidalgo, en difficulté dans les sondages. A cette heure, l'édile parisienne n'entend pas laisser sa place. Cela tombe bien, Yannick Jadot non plus. Déjà candidat en 2016 avant de rallier Benoît Hamon, le député européen espère désormais bel et bien être "la locomotive" du bloc de la gauche.
