Le climat se réchauffe entre les leaders d'Europe Ecologie. Daniel Cohn-Bendit et Cécile Duflot, réunis pour un point presse dans un restaurant parisien ce vendredi 7 mai, ont affiché leur entente, leur "respect mutuel", tout en reconnaissant leurs "différences" et leur volonté de "construire l'avenir" et d'"innover".
"Oui, moi j'aime bien Daniel Cohn-Bendit. C'est clair, net et précis. Oui, il y a des fois où on n'est pas d'accord, mais (...) quand on a vécu les dix dernières années chez les Verts, on ne peut être aujourd'hui qu'enthousiaste", a assuré la secrétaire nationale des Verts, alors qu'à la mi-avril, le climat entre les deux personnalités s'était tendu.
"Puisque nous sommes la semaine du muguet et des déclarations d'amour... On se respecte mutuellement, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de différences", a renchéri l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit.
"Dany" a salué "Cécile qui a su mener la barque Europe Ecologie à l'intérieur des Verts", "et ce n'était pas simple". "Elle l'a fait brillamment et avec succès", a-t-il ajouté.
Nécessaire métamorphose
"Nous sommes tous confrontés à une métamorphose nécessaire, a-t-il fait valoir. Il faut que tout le monde change".
"Nous tous, on est dépassés par ce qu'on a créé, sinon on ne comprendrait pas les tergiversations, les hésitations", a assuré Daniel Cohn-Bendit.
"La société attend de nous de nouvelles réponses. Nous ne réussirons que si nous savons innover", a assuré l'eurodéputé, évoquant retraites et nucléaire.
Pour Cécile Duflot, "on veut construire dans l'avenir". "C'est pour cela qu'on a formalisé ce processus", avec la volonté de "construire un mouvement commun, une nouvelle forme de militance", a-t-elle affirmé. Elle a assuré que les formes des partis traditionnels "sont un peu usées, fatiguées. En même temps, elles sont nécessaires pour faire vivre la démocratie".
"Avec cette double contrainte, il faut qu'on invente la suite", a-t-elle affirmé, à la veille des réunions régionales d'Europe Ecologie, étape du processus qui aboutira en novembre à la structuration de l'écologie politique.
Pour Pascal Durand (EE), "ce n'est pas un processus initié contre, mais ensemble et avec".
Europe Ecologie a lancé le 1er mai sur le net, une campagne d'adhésion qui a recueilli à ce jour 3600 adhésions. Le 6 mai, trois responsables d'Europe Ecologie, Philippe Meirieu, Robert Lion et Eric Loiselet, élus en mars conseillers régionaux, ont préconisé la transformation de ce rassemblement en "parti politique de plein exercice" dans les six mois à venir.