DSK est-il le sauveur de la gauche ou la meilleure béquille du système en place? Avec cette question, le blogueur Julien Guérin, des MJS, illustre le débat qui agite de nombreux blogs de gauche depuis une petite semaine. Car le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, est tout à coup à nouveau propulsé sur le devant de la scène. Il est l'objet du livre polémique "DSK, Les secrets d'un présidentiable", dont LEXPRESS.fr a publié des extraits. Les supputations sur sa possible candidature aux primaires socialistes pour la présidentielle 2012 ont également fait la Une de deux quotidiens nationaux. De quoi générer pas mal de buzz sur le Web.
Pourtant, l'homme lui-même se fait discret sur la Toile ces temps-ci. Lui que certains, lors de la présidentielle de 2007, n'hésitaient pas à considérer commeLE politique qui a tout compris à Internet, s'est perdu dans les limbes numériques. Tout au plus garde-t-on encore la trace d'une initiative de rencontre DSK-Sarkozy chez le célèbre blogueur Loïc Le Meur - aujourd'hui expatrié, lui aussi, aux Etats-Unis.
Englouti sur Google
Aujourd'hui, le blog personnel de DSK a été abandonné: son adresse conduit à Finanzen une société allemande de financement. Seul le blog de son épouse, Anne Sinclair, centré sur leur vie à Washington, est actif.
Sur les réseaux sociaux, qui n'ont pris leur envol en France qu'après la campagne de 2007, le directeur général du FMI n'a pas pris ses marques. Malgré l'afflux de fils politiques sur Twitterles deux comptes "DSK", non officiels, appartiennent à des groupes de soutien. Même constat Facebook, où les pages et groupes de soutien sont morcelés, avec quelques centaines de fans à peine, laissés aux soins des supporters de l'ancien ministre des Finances... et aux (mauvais) plaisantins.
En quatre ans, l'intérêt des internautes pour Dominique Strauss-Kahn n'a d'ailleurs jamais atteint les mêmes sommets que lors de la campagne des primaires de 2006. Sa nomination à la tête du FMI ne passionne pas les foules. Le seul autre événement qui a poussé en masse les internautes à chercher le nom de DSK sur Google est une affaire de moeurs qui commence à s'ébruiter en octobre 2008: une relation extraconjugale avec l'une de ses collaboratrices au FMI.
Il y a quelques mois encore, les sondages donnaient DSK comme le "meilleur présidentiable socialiste" pour 2012. Mais peut-il reconquérir le coeur des internautes?