La direction du PS vient de déclencher l'opération anti-Frêche. Pour monter une liste de gauche conduite par la maire socialiste de Montpellier Hélène Mandroux, la Rue de Solferino accélère. Il lui faut trouver 67 noms (plus 10 suppléants) d'ici au... 15 février.

Dimanche, le PS a dépêché sur place François Lamy, bras droit de Martine Aubry, pour essayer de convaincre les écologistes, encore réticents, et... les socialistes locaux, qui soutiennent Georges Frêche. Le PS met la pression. Il rappelle à ses militants la règle en vigueur: "Tous ceux qui se trouveront sur une autre liste que celle qui aura été investie par le PS seront exclus." La menace d'une purge se profile... Autre menace : les fédérations locales (qui n'avaient pas soutenu Aubry au congrès) pourraient être mises "sous tutelle" si elles n'obtempèrent pas.

Martine Aubry, qui se pose en chantre de la rénovation des pratiques, est bien décidée à faire plier les récalcitrants. Mardi 2 février, elle animera un bureau national consacré au sujet, retardant pour l'occasion son départ vers la Normandie pour un meeting des régionales ? sur les terres de Laurent Fabius.

Le PS arrivera-t-il à mettre fin en quelques jours au système Frêche, en place depuis belle lurette? Pas si simple... Les soutiens du président sortant sont solides. Plusieurs adjoints d'Hélène Mandroux pourraient, par ailleurs, lâcher cette dernière, lors d'une prochaine réunion du conseil municipal consacrée au budget. La maire de Montpellier reste, malgré tout, confiante. Mais rien n'indique que son optimisme résistera à l'épreuve des faits.