Il ne manque plus qu'un ultime vote jeudi au Sénat et à l'Assemblée nationale avant l'adoption définitive du budget de crise rectifié. Députés et sénateurs ont trouvé un compromis mardi matin en commission mixte paritaire (CMP) sur le troisième projet de budget rectifié pour 2020, face à la crise du coronavirus. "Grâce à cet accord (en CMP), les aides aux entreprises, citoyens modestes et collectivités seront déployées au plus vite", s'est réjoui le rapporteur général du budget à l'Assemblée Laurent Saint-Martin (LREM) sur Twitter.
Ce plan de relance de 100 milliards d'euros pour sortir l'économie française de la crise du coronavirus sera présenté en Conseil des ministres le 24 août par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, a annoncé ce dernier mardi. Le projet de loi de finances (PLF) sera examiné à partir du 12 octobre par l'Assemblée nationale. Il n'y aura pas de quatrième budget rectifié à la rentrée, le plan de relance devant être intégré au PLF pour 2021. Le point sur les principales mesures après cet accord trouvé en CMP.
Environ 45 milliards d'euros de soutien aux secteurs très touchés par la crise
Globalement, ce projet de loi de finances rectificative prévoit environ 45 milliards d'euros de soutien aux secteurs particulièrement affectés par la crise : tourisme, aéronautique ou automobile. Il entérine une aide de 4,5 milliards d'euros aux collectivités.
Près de 200 millions d'euros supplémentaires pour compenser les pertes d'Île-de-France Mobilités
En CMP, les parlementaires ont principalement ajouté 180 millions d'euros aux 425 millions d'euros déjà prévus pour compenser les pertes d'Île-de-France Mobilités, société gestionnaire des transports franciliens. Le sujet fait l'objet d'un bras de fer entre la majorité et la présidente (ex-LR) de la région Île-de-France Valérie Pécresse qui reproche à l'Etat de ne pas renflouer Île-de-France Mobilités.
Une série de nouvelles ouvertures de crédits
Au Sénat, le gouvernement a fait adopter une série de nouvelles ouvertures de crédits, dont 744 millions d'euros pour l'aide exceptionnelle à l'apprentissage, 50 millions d'euros pour le financement du repas à un euro pour les étudiants boursiers, 75 millions d'euros pour renouveler la flotte de véhicules de la police et de la gendarmerie, et une enveloppe maximum de 490 millions d'euros pour décarboner l'industrie ou des projets de relocalisation industrielle.
Embauche des jeunes : une "réduction du coût du travail" pour les entreprises
Concernant l'embauche des jeunes de moins de 26 ans, les parlementaires des deux chambres sont revenus au dispositif proposé par le gouvernement avec une "réduction du coût du travail" pour les entreprises à hauteur de 4000 euros par an, jusqu'à 1,6 SMIC. Samedi soir, le Sénat s'était prononcé de son côté pour une exonération de cotisations ne se limitant pas aux seuls jeunes.
