Une évolution sémantique notable. Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a qualifié ce mardi de "tragique accident" l'interpellation violente de Théo, jeune homme victime d'un viol présumé par un policier le 2 février à Aulnay-sous-Bois.

Gravement blessé au niveau de la zone rectale par une matraque télescopique, Théo a dû être opéré et s'est vu prescrire 60 jours d'incapacité totale de travail (ITT). L'un des policiers a été mis en examen pour viol et ses trois collègues pour violences volontaires en réunion. Tous ont été suspendus.

Une pénétration "non intentionnelle", selon l'IGPN

En qualifiant les faits "d'accidentels", Bruno Le Roux semblait appuyer l'enquête menée par la police des polices après le drame. Dans une note, les enquêteurs de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont écarté la thèse d'un "viol délibéré".

En début de soirée, le ministre est revenu sur sa déclaration, affirmant que "le terme accident était inapproprié". "Je réaffirme ma confiance dans la justice pour établir les responsabilités et qualifier les faits", a-t-il assuré.

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"Les enquêteurs distinguent deux choses: le coup de matraque télescopique et l'acte de pénétration. Pour eux, le coup est volontaire, non réglementaire et relève d'un acte de violence tandis que la pénétration est jugée non intentionnelle et accidentelle", résumait une source proche de l'enquête à L'Express.

Vendredi, le ministre de l'Intérieur avait refusé de se prononcer sur la qualification pénale de la blessure infligée à Théo. "Je ne sais pas s'il s'agit d'un accident, avait-il déclaré sur Europe 1. C'est à la justice de dire ce qu'il s'est passé, de qualifier les faits et éventuellement d'avoir les sanctions appropriées."

Alors que des violences se sont produites en marge de manifestations de soutien au jeune homme, le ministre de l'Intérieur a lancé ce mardi un appel à la "sérénité" et au "calme". "La justice est saisie et rien ne peut justifier la moindre exaction dans nos quartiers, a déclaré Bruno Le Roux. Ceux qui mènent des campagnes de pillages, des campagnes pour brûler des poubelles, des campagnes pour attaquer des commissariats, des campagnes pour dégrader les biens, seront punis, seront sanctionnés."