"Nous avons vraiment tout fait pour, mais il y a des risques que nous n'arrivons pas à réduire. C'est une décision douloureuse." C'est avec des sanglots dans la voix que Martine Aubry a annoncé ce vendredi, lors d'une conférence de presse que la braderie de Lille était annulée cette année en raison de la menace terroriste. Très émue, la maire PS de Lille a estimé que le risque était finalement trop important dans ce contexte d'état d'urgence pour maintenir la manifestation.
"Jamais je ne reporte la responsabilité sur l'Etat"
L'édile socialiste a aussi évoqué un "problème de responsabilité morale". "Je me suis dit que s'il y avait seulement un enfant mort ou une personne morte parce que je n'ai pas eu le courage de prendre la décision qui s'imposait et bien, je m'en voudrais toute ma vie", a ainsi déclaré Martine Aubry. Avant d'ajouter: "C'est une responsabilité morale, et moi, je ne suis pas monsieur Estrosi, je le dis très simplement, je prends mes responsabilités en suspendant. Jamais je ne reporte la responsabilité sur l'Etat. C'est ma responsabilité morale de dire que je ne peux pas prendre un risque pour les bradeux et les touristes", a-t-elle poursuivi. Une phrase qui pointe le comportement du président de la région Paca, qui au lendemain de l'attentat de Nice, avait rapidement critiqué la politique gouvernementale.
Très attachée à la manifestation, la maire lilloise a mis du temps à se résoudre à annuler la grande braderie. Le Monde raconte que la maire avait même commandé et reçu les blocs de béton censés bloquer les voies. Les mesures de sécurité avaient été largement renforcées avant que Martine Aubry finisse par admettre qu'elle ne pourrait pas sécuriser les habitations et les voitures le long des rues.
Une décision soutenue par les élus LR
Sa décision qui fait suite à d'autres du même type en France a été soutenue par les élus de tout bord dans le nord. Marc-Philippe Daubresse, député LR du Nord, a tweeté son soutien à l'édile socialiste, qualifiant sa décision de "sage".
Jean-René Lecerf, président du Conseil départemental du Nord et conseiller municipal d'opposition à la mairie de Lille a lui aussi approuvé cette annulation.
