Les archives sont souvent cruelles. Alors que Quotidien révèle que Bruno Le Roux a fait signer à ses deux filles 24 CDD à l'Assemblée nationale, alors qu'elles étaient lycéennes puis étudiantes, une interview met en lumière un décalage.

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Invité de RTL le 25 janvier dernier, soit le jour des révélations du Canard enchaîné sur les emplois présumés fictifs de la famille Fillon, le ministre de l'Intérieur déclarait que ce genre de pratiques devaient être interdites.

Interrogé sur la possibilité pour les parlementaires de faire travailler leur(s) proche(s) au Palais-Bourbon, Bruno Le Roux s'était montré très clair: "il devrait y avoir une règle simple dans ce cas de figure qui est que ça ne devrait pas être autorisé (...) Cela peut bien entendu prêter à confusion, cela peut prêter à suspicion. Je rappelle que les parlementaires rémunèrent leurs collaborateurs dans une enveloppe (...) c'est eux-mêmes qui fixent le montant des rémunérations", rappelait-il, citant par ailleurs les "dangers" indiqués par l'Assemblée nationale sur ces pratiques.

"Pas d'amalgame" avec l'affaire Fillon

Relancé sur la possibilité de les interdire, Bruno Le Roux a botté en touche, ne s'estimant pas apte à "édicter des interdictions", préférant laisser au "président de l'Assemblée nationale" le soin de le faire.

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Interrogé dans la foulée des révélations de Quotidien, le ministre de l'Intérieur a appelé à ne pas faire "d'amalgame" avec l'affaire Fillon. "On parle d'un boulot d'été auprès d'un parlementaire. Et quand il faut faire du classement, quand il faut faire un certain nombre de tâches parlementaires, je trouve que c'est une bonne école de faire ça", a-t-il argué.