"Trop c'est trop!". Les députés socialistes ont réclamé ce mardi une commission d'enquête parlementaire sur "la Françafrique" après les accusations de financement occulte portées par Robert Bourgi contre plusieurs responsables politiques.
Alain Vidalies, leur porte-parole, a expliqué lors d'une conférence de presse: "Avant l'élection présidentielle on ne peut pas accepter cette situation nauséabonde et nous souhaitons l'organisation d'une commission d'enquête parlementaire [...] Beaucoup d'"acteurs apparaissent dans les livres et les articles. Qu'ils viennent devant l'Assemblée nationale expliquer ce qu'ils ont fait, qui ils ont vu, comment tout ça s'est passé".
"Soit Robert Bourgi ment (...) soit il dit la vérité"
Alain Vidalies a fait remarquer que le parquet devrait "ouvrir une enquête préliminaire" sur le sujet. Il a pointé le fait que Robert Bourgi "dit avoir informé Nicolas Sarkozy" et que, le cas échéant, ce dernier aurait dû, conformément au code de procédure pénale, signaler ces faits au procureur. Il ajoute: "Soit Robert Bourgi ment et il ment sur tout, soit il dit la vérité et dans ce cas on a un problème avec l'absence de réaction à l'époque de Nicolas Sarkozy".
Cependant, le porte-parole des députés PS déclare s'interroger sur la concomitance entre la sortie du livre de Pierre Péan et les déclarations de Robert Bourgi: "Si ce n'est pas un contre-feu, ça y ressemble".
Alain Vidalies a également fait remarquer: "Il serait singulier que la réponse (de la majorité à l'Assemblée, ndlr) soit que nous avons épuisé notre droit de tirage", procédure qui permet à chaque groupe parlementaire de bénéficier d'une commission d'enquête sauf rejet des trois cinquièmes des députés.
Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale, interrogé dimanche sur l'éventuelle création d'une commission d'enquête parlementaire, avait souligné que la Justice et Parlement "ne peuvent pas être saisis en même temps". Mais "les commissions d'enquête parlementaires sont des procédures tout à fait libres, à l'initiative des parlementaires, et que ce soit la justice ou que ce soit le Parlement, je ne doute pas un instant que l'un ou l'autre sera saisi".
