Une polémique en chasse l'autre. Après la révélation de son engagement sur une liste d'extrême droite pendant ses études, Nathalie Loiseau est de nouveau pointée du doigt ce lundi. La tête de liste LREM aux européennes a utilisé une fâcheuse expression sur France Culture, en se remémorant son arrivée à la tête de l'Ecole nationale d'administration, qu'elle a dirigée pendant cinq ans.

Nathalie Loiseau a déclaré à l'antenne : "Disons les choses : je n'ai pas été accueillie avec des fleurs en n'étant pas ancienne élève de l'Ena, femme de moins de 50 ans. J'avais l'impression d'être une romanichelle quand je suis arrivée à la tête de l'Ena". Ce terme, qui désigne une personne appartenant aux peuplades nomades avec une connotation péjorative, n'a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux.

La tête de liste PCF aux européennes Ian Brossat a ainsi ironisé : "Ce 'rempart' face à l'extrême droite a manifestement été construit en carton-pâte..."

L'ex-ministre enchaîne les polémiques depuis plusieurs jours. Pas plus tard que dimanche soir, Nathalie Loiseau avait dû se défendre face à une autre controverse. Cette fois, la tête de liste LREM aux élections européennes était accusée de banaliser l'homophobie.

En cause, une bande dessinée pour enfants qu'elle a cosigné, L'Europe en BD, publiée le 17 avril chez Casterman. Une planche illustrant certaines divergences d'opinions entre pays de l'Union européenne prend notamment comme exemple le mariage entre personnes de même sexe, autorisé dans certains pays mais illégal dans d'autres, comme la Pologne.

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Le 23 avril, une internaute a dénoncé ce passage sur Twitter, pointant du doigt : "L'Europe étant 'unie dans la diversité', Nathalie Loiseau encourage les enfants à accepter l'homophobie du petit polonais".

Ce post n'est pas passé inaperçu. Il a indigné plusieurs défenseurs des droits des homosexuels et a été relayé plusieurs centaines de fois. Le co-président de l'association Urgence homophobie y a réagi ce dimanche 28 avril, lançant à Nathalie Loiseau sur le réseau social : "Qu'apprenons-nous aux enfants ? Que l'homophobie est culturelle ? Qu'il faut la tolérer chez nos voisins ? Non Madame, l'homophobie est une discrimination GRAVE, à combattre PARTOUT !"

"Décrire la Pologne telle qu'elle est ne veut pas dire qu'on l'approuve"

L'ex-ministre et cheffe de file LREM aux européennes s'est défendue, en lui répondant : "Décrire la Pologne telle qu'elle est ne veut pas dire qu'on l'approuve."

S'en prenant au leader du parti conservateur nationaliste polonais, Nathalie Loiseau ajoute que "l'homophobie de Jaroslav Kaczynski (...) est en réalité une menace contre les valeurs de l'Europe".

Sa première réponse est accompagnée d'un extrait d'un livre publié alors qu'elle était à la tête de l'ENA. Elle y évoque sa relation avec "ses frères homosexuels" et décrit la façon dont ils parviennent à évoluer, "ni cyniques ni dupes", "dans une société qui ne s'est pas construite pour eux."

Le co-président d'Urgence Homophobie lui a rétorqué ce lundi matin : "M'expliquer que vos propos ne sont pas homophobes car vous aimez vos 'frères' gays qui sont géniaux car ils aiment la mode... c'est non."

Nathalie Loiseau a dû répondre également aux attaques du député PS Boris Vallaud dimanche, qui taclait, toujours sur Twitter : "Triste baffe aux personnes LGBT de toute Europe qui veulent l'égalité. Cette démonstration absurde marche avec tout ? L'IVG ? L'accueil des réfugiés? Avec de tels "progressistes", à quoi servent les conservateurs?"

L'ex-ministre lui a fait savoir qu'elle ne l'avait "pas attendu pour lutter contre l'homophobie, soutenir le mariage pour tous comme la PMA pour toutes et contester les choix polonais".