Lyrique, long, mais de circonstance. Dans son discours au Panthéon mercredi, qui se veut l'un des plus importants de son quinquennat, François Hollande a fait le lien entre l'époque de la Seconde Guerre mondiale et la période actuelle. Le chef de l'Etat a appelé au "devoir de vigilance" et de "résistance" de "chaque génération" face à "l'indifférence", qualifiée d' "ennemi contemporain". "Indifférence face au fanatisme, au racisme, à l'antisémitisme. Indifférence face aux inégalités, aux injustices, aux indécences. Indifférence face aux catastrophes, aux désordres climatiques, à l'épuisement de notre planète", a déclaré le président de la République, en une référence évidente à l'actualité.
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Evoquant Jean Zay, dont la panthéonisation fait polémique, François Hollande a rappelé que l'ancien ministre "rassemblait sur lui les haines dont Vichy s'était emparée: haine du protestant, haine du juif, parce qu'il était par ses origines familiales les deux à la fois. Haine du franc-maçon et du libre penseur. Haine du Front populaire, haine de la Ligue des droits de l'Homme, haine de la démocratie".
"C'est pour conjurer cette résurgence funeste que les Français se sont levés le 11 janvier"
"Soixante-dix ans après, ces haines reviennent, avec d'autres figures, dans d'autres circonstances, mais toujours avec les mêmes mots et les mêmes intentions. Elles frappent des innocents, des journalistes, des juifs, des policiers", a-t-il ajouté, en une allusion évidente aux attentats de janvier à Paris. "C'est pour conjurer cette résurgence funeste que les Français se sont levés le 11 janvier. Parce qu'ils n'ont jamais peur de défendre la liberté."
Au sujet des ratés d'intégration, au coeur des débats actuels de société, "ce n'est pas la faute de la République, c'est faute de République", a fait valoir François Hollande. "La République n'est pas figée (...), c'est un mouvement", a-t-il précisant appelant les Français, à commencer par les plus jeunes, à "ne pas plier" et à "ne pas se replier". Un message en forme d'avertissement contre l'intégrisme religieux - le chef de l'Etat a d'ailleurs cité dans son discours le sort des chrétiens d'Orient - mais aussi contre l'extrême droite.
