BURKINA FASO

Un bain de sang à Solhan

Le pays est sous le choc après l'attaque djihadiste la plus meurtrière de son histoire, le 5 juin. Au moins 160 personnes ont été froidement exécutées en pleine nuit à Solhan, au nord-est du Burkina Faso, proche des frontières avec le Mali et le Niger. Les assaillants ont notamment visé la caserne des Volontaires pour la défense de la patrie, des supplétifs civils de l'armée devenus une cible privilégiée des terroristes. "Tels des policiers qui arrivent toujours après le crime dans les films, les forces de défense et de sécurité n'ont pu que constater les dégâts après coup", déplore le quotidien L'Observateur Paalga.

HONGKONG

Haro sur la mémoire de Tiananmen

Défense de se souvenir. A Hongkong, la commémoration du massacre de la place Tiananmen (4 juin 1989) a été interdite pour la deuxième année consécutive. Mais, cette fois, il n'y avait personne dans le parc Victoria, bouclé par la police, dans un contexte de répression lié à la loi sur la sécurité nationale imposée l'été dernier par Pékin. "Cela marque une rupture dans la tradition de la mémoire collective" et risque de créer "un fossé entre notre génération et la suivante", craint la journaliste Hana Meihan Davis dans le Hong Kong Free Press. Pour résister à l'oubli, des centaines de Hongkongais ont tout de même allumé le 4 juin une bougie ou la torche de leur téléphone à la fenêtre de leur appartement.

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RUSSIE

L'étau se resserre sur l'opposition

Vladimir Poutine fourbit ses armes en vue des législatives de septembre. Le président russe a signé le 4 juin une loi interdisant à toute personne en lien avec des organisations "extrémistes" de se présenter aux élections. Dans le collimateur du Kremlin, le camp de l'opposant emprisonné Alexeï Navalny, dont plusieurs proches entendent briguer un siège à la Douma. Cette loi confirme la vague répressive en cours après une série d'arrestations de voix critiques de Poutine et le bannissement de plusieurs médias. "Cette campagne électorale est peut-être la première dans l'histoire postsoviétique où il n'y a aucune place pour une alternative", relève Novaya Gazeta.

DANEMARK

Les demandeurs d'asile envoyés en Afrique

Copenhague vient de franchir un nouveau pas pour atteindre l'objectif fixé par le gouvernement en 2020 : "zéro demandeur d'asile". Le Parlement a adopté le 3 juin un projet de loi prévoyant de renvoyer tout candidat vers un pays tiers africain. L'initiative scandalise une partie de l'Europe, confrontée à un afflux de migrants sur ses côtes sud. Si d'autres pays ont envisagé de sous-traiter le droit d'asile, le Danemark pourrait devenir le premier à passer à l'acte. Cette législation "va compliquer les efforts de l'UE pour harmoniser ses règles en matière de migration et d'asile, un sujet extrêmement controversé au sein du bloc", relève le Guardian.

ISRAËL

Netanyahou dans les pas de Trump ?

Après douze ans au pouvoir, "Bibi" n'a jamais été aussi proche de la sortie. Ses adversaires Yaïr Lapid (centre gauche) et Naftali Bennett (extrême droite) ont formé une coalition gouvernementale hétéroclite ayant pour seul but commun de l'évincer. Benyamin Netanyahou a qualifié l'alliance de "fraude du siècle" et incité ses partisans à protester, non sans rappeler la rhétorique de Donald Trump. A tel point que certains ont craint un "6 janvier façon israélienne" lors du vote d'investiture du gouvernement à la Knesset, en référence à l'assaut sur le Capitole de Washington. "Bibi, il est temps de quitter la scène dignement", lance dans un éditorial le quotidien Haaretz.

ÉTATS-UNIS

Trump de retour dans l'arène politique

Près de cinq mois après son départ de la Maison Blanche, Donald Trump n'a pas changé d'un iota. Le 5 juin, lors de la convention du Parti républicain de Caroline du Nord, il a réaffirmé dans un discours fleuve d'une heure et demie que la présidentielle lui avait été volée. L'ex-président a aussi loué les sénateurs républicains de l'Arizona pour avoir obtenu un nouvel audit des résultats locaux et a félicité les Etats comme le Texas, la Floride et la Géorgie, qui ont adopté des lois restreignant l'accès au vote. La réapparition de Trump rappelle "le danger" qu'il représente pour la démocratie, commente le site de CNN.

BRESIL

Une terrible troisième vague

Le calvaire n'en finit pas. Alors que l'épidémie reflue globalement dans le monde, la courbe des contaminations au Covid-19 continue de grimper au Brésil (près de 17 millions de cas au total, au 7 juin). La situation catastrophique n'a pas empêché Jair Bolsonaro de se vanter à la télévision, d'avoir atteint les 100 millions de doses de vaccins distribuées. "Le président oublie d'évoquer le pourcentage de la population déjà vaccinée, crucial pour atteindre l'immunité collective. Sur ce critère, le Brésil arrive derrière 77 pays" rappelle El Pais, le 3 juin. Malgré l'accélération probable de la campagne, l'abandon précipité des mesures de restrictions favorise "une terrible troisième vague".