C'était attendu. À quelques heures de la fin de son mandat, Donald Trump a gracié 73 personnes et commué la peine de prison de 70 autres. C'est ce qu'indique un communiqué de la Maison-Blanche, qui publie également l'intégralité des concernés ainsi que les motifs retenus par le président sortant. Comme le révélait récemment le New York Times, ses équipes s'activaient ces derniers jours à recueillir - et parfois monnayer - les centaines de demandes de pardons sur des affaires diverses et variées allant de la fraude financière au meurtre.

Sans surprise, des alliés politiques de premier plan figurent dans la liste : son proche conseiller Steve Bannon ou encore l'ancien collecteur de fonds républicains Elliott Broidy. Inculpé pour possession d'une arme à feu, une accusation pour laquelle il risquait dix ans de prison, le rappeur Lil Wayne voit lui aussi son ardoise effacée grâce au soutien apparemment décisif du propriétaire d'une marque de spiritueux. Un autre rappeur à succès, Kodak Black, poursuivi pour falsification de papier en vue d'obtenir des armes, fait lui aussi partie de la liste.

Parmi les autres noms importants : Paul Erickson, avocat impliqué dans l'affaire sur l'ingérence russe à la présidentielle de 2016 et ancien petit ami de Maria Butina, "agente russe" condamnée pour avoir tenté d'infiltrer les milieux politiques américains. Une grâce qui, selon Trump, devrait aider à "réparer les torts de ce qui s'est avéré être peut-être la plus grande chasse aux sorcières de l'histoire américaine". Trois anciens membres républicains du Congrès pris dans des affaires de corruption (Duke Cunningham, Rick Renzi et Robin Hayes) ont aussi été pardonnés. Kwame Kilpatrick, l'ancien (jeune) maire de Détroit, qui purgeait une peine de 28 ans de prison pour racket et corruption, bénéficie de la même manière de la grâce de Trump.

LIRE AUSSI : "Mais on est en Irak ici ?" : à Washington, ambiance pesante avant l'investiture de Biden

Pas de trace, en revanche, des lanceurs d'alertes : le fondateur de Wikileaks Julian Assange et l'ancien de la NSA Edward Snowden, réfugiés à l'étranger. Donald Trump lui-même n'y figure pas, tout comme ses enfants. Enfin, Joe Exotic non plus. L'ancien propriétaire d'un zoo, devenu célèbre à la suite du documentaire Netflix qui lui est consacré - Tiger King - reste en détention pour une tentative d'assassinat sur sa rivale Carole Baskin.

Pour Bannon, une décision "de dernière minute"

Artisan de la campagne présidentielle victorieuse de Donald Trump en 2016 avant d'être poussé vers la sortie par le milliardaire républicain, Steve Bannon doit son salut à un coup de fil de dernière minute avec le président, indique le New York Times.

L'ancien président exécutif du média d'extrême droite Breitbart News, âgé de 66 ans, a obtenu la clémence du président alors qu'il était accusé d'avoir détourné des fonds prétendument destinés à la construction d'un mur à la frontière États-Unis-Mexique. "M. Bannon a été un leader important du mouvement conservateur et il est connu pour son expertise politique", justifie le communiqué de la Maison-Blanche.

Ces derniers mois, Donald Trump, qui doit s'envoler mercredi matin pour la Floride, a déjà utilisé ce pouvoir présidentiel et a exonéré des collaborateurs et des proches, à l'image de Michael Flynn, Roger Stone ou encore Paul Manafort. Certains avaient été condamnés dans le cadre de l'enquête sur une possible collusion entre la Russie et son équipe de campagne en 2016.