L'air de la grande salle de réception de Mar-a-Lago, en Floride se trouble subitement sous les applaudissements. "J'annonce ma candidature à l'élection présidentielle". Aux invités réunis dans sa luxueuse demeure, l'homme d'affaires au centre de l'attention promet de "curer le marigot" de Washington, les élites honnies de lui-même. Comme en 2016, celui qui fut le 45e président des Etats-Unis assure qu'avec lui, l'Amérique sera "de retour".

Mais son retour à lui, est-il vraiment possible ? Les rumeurs allaient bon train ces dernières semaines sur une annonce imminente de Donald Trump. C'est chose faite, mais le plus dur reste à venir. L'ancien locataire de la Maison-Blanche a officialisé son souhait de s'y installer à nouveau ce mercredi, chez lui, en fustigeant au passage l'actuel président Joe Biden même si, depuis quelques jours, les vents contraires soufflent à nouveau à Mar-a-Lago.

Dans sa villa, devant les siens, Donald Trump a dépeint Joe Biden, en ennemi numéro. L'actuel président conduirait le pays au "bord de la guerre nucléaire" et détruirait l'économie américaine. Réaction immédiate de l'intéressé : "Trump a laissé tomber l'Amérique", a tancé Joe Biden, en déplacement en Indonésie. Lui a aussi a récemment affirmé son "intention" de briguer un deuxième mandat, sans l'officialiser. Quelques heures après l'annonce de candidature, voilà donc les deux hommes en train de dessiner l'éventualité d'un remake de la présidentielle de 2020. Encore faut-il que Trump tienne jusqu'aux élections.

DeSantis en embuscade

Si le désormais candidat est soutenu par les Républicains, le parti, qu'il a participé à refaçonner, vient de subir une importante déconvenue. Annoncés grands favoris des élections de mi-mandat, qui déterminent la composition du Parlement américain, et d'un ensemble d'autres élus à travers le pays, les Éléphants n'ont pas du tout provoqué le tremblement de terre attendu. Selon les derniers résultats, la Chambre des représentants n'a basculé "rouge" que de 8 sièges. Quant au Sénat, il est toujours entre les mains des démocrates.

LIRE AUSSI : Midterms : Donald Trump et ses candidats, grands perdants du scrutin

La performance plus que mitigée du camp républicain, notamment de la part de candidats adoubés par Donald Trump, a terni la réputation de faiseur de rois du tribun. Plusieurs voix influentes dans le camp conservateur ont d'ailleurs appelé le magnat de l'immobilier à s'écarter du leadership républicain, jetant une ombre sur ses projets présidentiels. Une partie de la nébuleuse conservatrice s'est déjà tournée vers un autre possible prétendant à la Maison-Blanche et résident de Floride : son gouverneur, Ron DeSantis. Le quadragénaire, nouvelle star de la droite dure, qui sort lui, renforcé des élections de mi-mandat, a assuré que son combat "ne faisait que commencer".

Une inculpation, frein... ou accélérateur ?

Donald Trump conserve pour le moment une popularité indéniable. La majorité des sondages le donnent d'ailleurs toujours gagnant d'une primaire républicaine. Un obstacle pourrait toutefois compliquer son retour : ses nombreux ennuis judiciaires pourraient finir par le disqualifier. La justice enquête sur son rôle dans l'assaut sur le Capitole, ses affaires financières, sa gestion des archives de la Maison-Blanche ou encore des pressions exercées sur des agents électoraux.

Si rien dans la loi américaine n'interdit à une personne poursuivie, voire condamnée, de briguer un mandat présidentiel, une éventuelle inculpation pourrait jeter de l'ombre à sa campagne. À moins qu'il en tire un avantage... Le milliardaire américain ne cesse de dénoncer une persécution politique, contre sa personne d'abord, mais plus largement contre les "conservateurs" et les "patriotes". Une inculpation pourrait alors remotiver ses troupes.